Une enquête menée auprès du réseau AJC met en lumière le rôle central du FONPEPS dans l’économie de nos diffuseurs. Une large majorité des répondants y a eu recours au moins une fois ces dernières années, confirmant l’importance d’un tel dispositif pour soutenir l’activité artistique.
En 2024, le montant moyen s’élève à 4 516 €, pour une médiane de 2 006 €. En 2025, la moyenne atteint 4 221 €, avec une médiane de 2 599 €. Si le FONPEPS représente le plus souvent une part limitée du budget global, son impact est nettement plus marqué sur le budget artistique : fréquemment entre 5 % et 15 %, avec une moyenne de 4,5 % et une médiane de 3 %, soulignant encore plus la fragilité des budgets artistiques des structures de diffusion aujourd’hui.
Ce soutien agit comme un véritable levier de faisabilité. Il conditionne le nombre de projets réalisés, la taille des plateaux artistiques et le volume de concerts programmés. À l’approche de la réforme annoncée pour 2026, les inquiétudes sont fortes et convergent vers une baisse du nombre de dates, une réduction du nombre d’artistes programmés et une diminution de la prise de risque artistique. Les projets les plus fragiles, les moins accompagnés et les plus jeunes pourraient être les premiers impactés, au risque de renforcer des déséquilibres déjà évidents au sein de la création.
Concernant l’emploi permanent, les effets restent pour l’instant limités, notamment parce que peu de structures atteignent le plafond annuel du dispositif. Néanmoins, près de 250 000 € d’aides à l’emploi permanent sont concernés. La réforme est ainsi perçue comme un facteur de fragilisation à moyen terme, avec le risque d’une érosion progressive de modèles économiques autour de l’emploi déjà tendus.
Cette enquête rappelle que le FONPEPS ne constitue pas une aide marginale, mais bien un outil structurant pour la vitalité et la diversité de la création musicale et que cette réforme est une nouvelle source d’inquiétudes et d’incertitudes pour le champ de la diffusion musicale.

