L’annulation du festival Jazz à Vauvert par la nouvelle municipalité, à quelques semaines de son ouverture, constitue un signal alarmant pour l’ensemble du secteur.
AJC et Occijazz apportent tout leur soutien à leur adhérent, l’association Jazz à Junas, qui a su, avec détermination et réactivité, maintenir le festival dans la ville voisine de Vergèze. Cette relocalisation forcée démontre, s’il le fallait encore, la solidité, la pertinence et l’utilité réelle du tel projet dans l’écosystème local, ainsi que la reconnaissance de sa valeur par d’autres collectivités.
Au-delà de cette situation locale, cette décision pose des questions de fond.
Elle remet en cause un principe essentiel : la liberté de programmation. Le travail des structures de diffusion repose sur une indispensable indépendance. Conditionner le soutien public à une reprise en main politique des contenus constitue une ligne rouge pour l’ensemble de la filière.
Elle traduit également une vision réductrice et erronée de la place des festivals dans les territoires. Non, un festival ne se résume pas à des “recettes directes” pour une ville. Il génère des retombées économiques, sociales et culturelles largement documentées : fréquentation accrue des commerces, attractivité territoriale, emploi local, dynamisation des réseaux éducatifs comme associatifs. À cela s’ajoute l’essentiel : une vie culturelle forte, partagée et ancrée dans les territoires.
Le calendrier de cette décision, enfin, interroge fortement et témoigne d’une méconnaissance du travail engagé et de la responsabilité collective qu’implique l’organisation d’un tel projet.
Le jazz, comme d’autres musiques issues d’histoires de luttes et d’émancipation, porte en lui des valeurs de liberté, de circulation et de dialogue. Les projets que nous défendons au sein d’AJC et d’Occijazz reposent précisément sur ces dynamiques de coopération et le travail mené par Jazz à Junas à Vauvert comme ailleurs sur le territoire en est un magnifique exemple.
Ce qui se joue aujourd’hui à Vauvert n’est pas un cas isolé. D’autres situations similaires émergeront dans les mois à venir. Il est de notre responsabilité collective de rester vigilants et solidaires, face à toute remise en cause de ces principes.
AJC et Occijazz réaffirment ainsi leur engagement aux côtés de leurs membres et de l’ensemble des acteurs qui œuvrent, partout sur les territoires, pour des cultures ouvertes, plurielles, indépendantes et partagées.
Contacts :
AJC • Antoine Bos • antoinebos@ajc-jazz.eu
Occijazz • Christine Dumons • Ségolène Alex • coordination@occijazz.fr
