À la rencontre de l’apejs, à chambéry. Parrain du groupe nit and dogs (jm#11)

À Chambéry, en Savoie, l’APEJS fait cohabiter depuis 1982 école, formation pro et salle de concert. La structure s’est taillée une place à part dans l’écosystème régional, tissant des liens avec les salles environnantes ou la scène grenobloise. La Soute, son club de 180 places, est devenue au fil des saisons un repère pour les musiques improvisées, un lieu où l’on croise aussi bien les élèves du soir que les artistes en résidence, dans un rapport de proximité rare.

C’est dans ce lieu, justement, que l’APEJS parraine cette année nit and dogs, groupe lauréat Jazz Migration #11. Son mélange entre sacqueboutes, machines et noise expérimentale a tout de suite retenu l’attention de l’équipe.

Bertrand Furic, directeur de l’APEJS, a répondu à nos questions.

L’APEJS est à la fois une école, un centre de formation professionnelle et un lieu de diffusion avec La Soute. Comment ces différentes missions se répondent-elles au quotidien ?

La particularité de l’Apejs, comme l’IMFP, ou d’autres adhérents de la FNEIJMA est de mixer formation professionnelle, enseignement pour les pratiques amateurs mais aussi diffusion et soutien à la création. Nous accompagnons bien sur un grand nombre d’anciens stagiaires dans leurs parcours artistiques après leur passage à l’Apejs. En l’absence de scène labellisée musiques actuelles en Savoie, nous sommes un lieu ressource pour de multiples projets des 2 Savoies ou de l’Isère. Nos élèves et nos stagiaires peuvent donc assister à des filages ou des sorties de résidences des pros qui viennent travailler. Nos anciens stagiaires constituent un vivier de projets à accompagner. Enfin partenaires de jazzRA et des réseaux régionaux nous accueillons de multiples propositions de toute la région.

OASIS BOOM à la Soute dans le cadre d’un échange mené avec Jazz Action Valence et les deux promotions de stagiaires de la formation professionnelle de l’Apejs


Implantée à Chambéry depuis plus de quarante ans, l’APEJS joue un rôle important dans le paysage musical de la région. Comment accompagnez-vous les artistes émergents et participez-vous au développement de la scène jazz et des musiques improvisées en Savoie et en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Complice du Brise Glace ou de Chateau Rouge, de Jazz Action Valence bien sur mais aussi de la scène grenobloise, inscrit dans les réseaux JazzRA ou Jazz Contreband pour le volet transfrontalier, l’Apejs, avec ses moyens ridicules, ouvre ses portes chaque année à 2 ou 3 projets improvisés (nit and dogs, le trio Tatanka d’Emmanuelle Legros pour cet automne) afin d’accompagner des préparations d’enregistrement ou d’initier des résidences croisées entre Valence et Chambéry

Avec La Soute, vous disposez d’un lieu de diffusion à taille humaine. Qu’est-ce que cet espace change dans la relation entre les artistes et le public ?

Ce club de 180 places permet un rapport scène public de grande proximité. Nous avons réussi avec l’aide du CNM, de la ville et du département de Savoie à maintenir notre parc de matériel avec une nouvelle façade Meyer et bientôt une nouvelle console son mais la Cité des Arts reste un lieu compliqué où nous devons nous battre sur chaque concert pour attirer le public. 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de parrainer nit and dogs dans le cadre de Jazz Migration ? Qu’avez-vous reconnu dans leur univers artistique ?

Au départ, reconnaissons que le périscope, ultra sollicité chaque année et ne pouvant pas défendre 50 projets, nous avait mis en relation. Ensuite, l’Apejs en concert peut aussi bien inviter Roberto Negro que les Ramoneurs de Menhir. Alors un très jeune quartet mixte utilisant les machines et la sacqueboute au service d’une musique noise improvisée ne pouvait que nous titiller les oreilles. Enfin,alors que l’Apejs a eu une histoire forte avec Laurent Dehors, accueillir sa fille dans un projet comme nit and dogs était logique.  Et pour finir, nous allons tout au long de la saison organiser, outre des concerts, des rencontres avec les musiciens du groupe et les stagiaires de la formation professionnelle de Chambéry et de Valence… affaire à suivre