Catégorie : Vie du réseau

  • À la rencontre de l’apejs, à chambéry. Parrain du groupe nit and dogs (jm#11)

    À la rencontre de l’apejs, à chambéry. Parrain du groupe nit and dogs (jm#11)

    À Chambéry, en Savoie, l’APEJS fait cohabiter depuis 1982 école, formation pro et salle de concert. La structure s’est taillée une place à part dans l’écosystème régional, tissant des liens avec les salles environnantes ou la scène grenobloise. La Soute, son club de 180 places, est devenue au fil des saisons un repère pour les musiques improvisées, un lieu où l’on croise aussi bien les élèves du soir que les artistes en résidence, dans un rapport de proximité rare.

    C’est dans ce lieu, justement, que l’APEJS parraine cette année nit and dogs, groupe lauréat Jazz Migration #11. Son mélange entre sacqueboutes, machines et noise expérimentale a tout de suite retenu l’attention de l’équipe.

    Bertrand Furic, directeur de l’APEJS, a répondu à nos questions.

    L’APEJS est à la fois une école, un centre de formation professionnelle et un lieu de diffusion avec La Soute. Comment ces différentes missions se répondent-elles au quotidien ?

    La particularité de l’Apejs, comme l’IMFP, ou d’autres adhérents de la FNEIJMA est de mixer formation professionnelle, enseignement pour les pratiques amateurs mais aussi diffusion et soutien à la création. Nous accompagnons bien sur un grand nombre d’anciens stagiaires dans leurs parcours artistiques après leur passage à l’Apejs. En l’absence de scène labellisée musiques actuelles en Savoie, nous sommes un lieu ressource pour de multiples projets des 2 Savoies ou de l’Isère. Nos élèves et nos stagiaires peuvent donc assister à des filages ou des sorties de résidences des pros qui viennent travailler. Nos anciens stagiaires constituent un vivier de projets à accompagner. Enfin partenaires de jazzRA et des réseaux régionaux nous accueillons de multiples propositions de toute la région.

    OASIS BOOM à la Soute dans le cadre d’un échange mené avec Jazz Action Valence et les deux promotions de stagiaires de la formation professionnelle de l’Apejs


    Implantée à Chambéry depuis plus de quarante ans, l’APEJS joue un rôle important dans le paysage musical de la région. Comment accompagnez-vous les artistes émergents et participez-vous au développement de la scène jazz et des musiques improvisées en Savoie et en Auvergne-Rhône-Alpes ?

    Complice du Brise Glace ou de Chateau Rouge, de Jazz Action Valence bien sur mais aussi de la scène grenobloise, inscrit dans les réseaux JazzRA ou Jazz Contreband pour le volet transfrontalier, l’Apejs, avec ses moyens ridicules, ouvre ses portes chaque année à 2 ou 3 projets improvisés (nit and dogs, le trio Tatanka d’Emmanuelle Legros pour cet automne) afin d’accompagner des préparations d’enregistrement ou d’initier des résidences croisées entre Valence et Chambéry

    Avec La Soute, vous disposez d’un lieu de diffusion à taille humaine. Qu’est-ce que cet espace change dans la relation entre les artistes et le public ?

    Ce club de 180 places permet un rapport scène public de grande proximité. Nous avons réussi avec l’aide du CNM, de la ville et du département de Savoie à maintenir notre parc de matériel avec une nouvelle façade Meyer et bientôt une nouvelle console son mais la Cité des Arts reste un lieu compliqué où nous devons nous battre sur chaque concert pour attirer le public. 

    Qu’est-ce qui vous a donné envie de parrainer nit and dogs dans le cadre de Jazz Migration ? Qu’avez-vous reconnu dans leur univers artistique ?

    Au départ, reconnaissons que le périscope, ultra sollicité chaque année et ne pouvant pas défendre 50 projets, nous avait mis en relation. Ensuite, l’Apejs en concert peut aussi bien inviter Roberto Negro que les Ramoneurs de Menhir. Alors un très jeune quartet mixte utilisant les machines et la sacqueboute au service d’une musique noise improvisée ne pouvait que nous titiller les oreilles. Enfin,alors que l’Apejs a eu une histoire forte avec Laurent Dehors, accueillir sa fille dans un projet comme nit and dogs était logique.  Et pour finir, nous allons tout au long de la saison organiser, outre des concerts, des rencontres avec les musiciens du groupe et les stagiaires de la formation professionnelle de Chambéry et de Valence… affaire à suivre

  • À LA RENCONTRE DE SOUILLAC EN JAZZ

    À LA RENCONTRE DE SOUILLAC EN JAZZ

    Souillac en Jazz fête ses 50 ans. Un demi-siècle de jazz au cœur du Quercy, dans une ville lotoise de 4 000 habitants qui accueille chaque été l’une des plus anciennes manifestations jazz de France. Le festival, qui porte depuis 1985 le nom de Sim Copans, figure tutélaire de la radio jazz française et l’un de ses fondateurs, a su traverser les décennies sans perdre ni son âme ni son public.

    Le festival repose sur une mobilisation bénévole rare : des centaines de personnes issues du territoire, habitants, commerçants, élus, associations, qui s’impliquent chaque année pour que la fête ait lieu. C’est cette communauté humaine, autant que la programmation, qui constitue l’identité du festival et fidélise un public mêlant habitués de longue date et nouvelles générations de spectateurs.

    Souillac en Jazz a construit un modèle de programmation équilibré : grandes figures internationales, découvertes émergentes et concerts gratuits en plein air qui font de la ville entière une scène. L’édition du 50e en est une illustration : Émile Parisien, Youn Sun Nah & Bojan Z, Erik Truffaz & Antonio Lizana se succèdent sur la grande scène, tandis que le Duo Brady, lauréat Jazz Migration #11  et des formations régionales comme le Swing Machine Big Band incarnent cet équilibre entre émergence et territoire.

    À l’occasion de ses 50 ans, rencontre avec son directeur, Robert Peyrillou. 

    Cette année, Souillac en Jazz fête ses 50 ans. Qu’est-ce que cet anniversaire raconte de cette aventure et aussi finalement de l’histoire du jazz en territoire rural ? 
    C’est l’aventure des femmes et des hommes d’un territoire rural, qui cheminent de concert. Bénévoles, élus locaux, entrepreneurs, petites entreprises forment et font la commune. En se fédérant, ils animent la cité, attirent des spectateurs en période estivale d’une des meilleures destinations européennes.


    «La venue de musicien·nes de renom favorise la promotion de musicien·nes émergent·es comme celle des musicien·nes internationaux·les permettent la découverte des musiciens régionaux.»

    Depuis un demi-siècle, le festival défend une programmation à la fois exigeante et ouverte, entre grandes figures et découvertes. Comment construit-on aujourd’hui cet équilibre ? Les grandes figures de la note bleue déroulent le tapis rouge pour les découvertes notamment avec le dispositif Jazz Migration. La venue de musiciens de renom favorise la promotion de musiciens émergents comme celle des musiciens internationaux permettent la découverte des musiciens régionaux. Notre ancienneté ouvre les portes à cet équilibre qui déjà en 1976 l’Old Time Jazz Band de Toulouse précédait Memphis Slim jusqu’au duo Brady devant Youn Sun Nah et Bojan Z en 2026.

    Le festival repose depuis longtemps sur un fort engagement bénévole et local. Dans un contexte où beaucoup d’événements culturels sont fragilisés, qu’est-ce qui permet à Souillac en Jazz de durer ? Le bénévolat, le budget, l’équipe, la confiance des élus et des partenaires privés, l’accueil et la gastronomie du territoire, une reconnaissance qui se traduit aujourd’hui par l’émission d’un timbre-poste national par La Poste, la rigueur de la gestion entre prise de risques parfois comme avec Quest ou le « confort » avec Joshua Redman.


    Découvrez le timbre national à l’effigie du festival

  • Les festivals de l’été du réseau

    Les festivals de l’été du réseau

    Retrouvez tous les festivals d’été de nos adhérents sur la carte.
    Chaque année de nouveaux adhérents rejoignent AJC, et la liste des festivals d’été au sein du réseau s’allonge. De fin juin à fin août, ce sont alors plus de 25 festivals qui auront lieu. Avec cette abondance d’événements il va sans dire que toutes les esthétiques, tous les formats et territoires seront représentés !

    2026 marque également un cru exceptionnel d’anniversaires pour les festivals adhérents du réseau AJC : 25, 40 ou 50 ans d’existence pour Souillac en Jazz, Crest Jazz festival, Jazz à Porquerolles, Rhizomes et Les Rendez-vous de l’Erdre. L’occasion de revenir sur ces aventures qui, depuis des décennies, font vivre le jazz sur tous les territoires.

    JUIN – JUILLET

    Festival des Musiques Vivaces – 15 au 21 juin – Toulouse 
    Jazz à Oloron – 25 juin au 2 juillet – Oloron Sainte Marie
    Jazz à Couches – 1er au 4 juillet – Couches
    Marseille Jazz des 5 continents – 1er au 13 juillet – Marseille
    Charlie Jazz – 3 au 6 juillet – Vitrolles
    Festival Rhizomes – 5 au 26 juillet – Paris
    Jazz à Porquerolles – 9 au 14 juillet – Porquerolles
    Jammin Summer Sessions – 9 au 20 juillet – Juan les Pins
    Jazz à la Petite France – 10 au 12 Juillet – Strasbourg
    Jazz à Luz – 10 au 13 juillet – Luz-Saint-Sauveur
    Millau Jazz festival – 12 au 18 juillet – Millau
    Avignon Jazz – 17 juillet au 2 août – Avignon
    Souillac en Jazz – 17 au 25 juillet – Souillac
    Astrada x Jazz in Marciac – 20 juillet au 5 août – Marciac
    Jazz à Junas – 22 au 25 juillet – Junas

    AOÛT

    Crest Jazz Festival –  2 au 8 août – Crest
    Mens Alors – 3 au 8 août – Mens 
    Gaume Jazz Festival – 7 au 9 août – Rossignol Tintigny 
    Au Grès du Jazz – 8 au 16 Août – La Petite Pierre
    Parfum de jazz – 11 au 22 août – Tricastin et Baronnies  
    Jazz Campus en Clunisois – 15 au 22 août – Cluny 
    Météo Mulhouse Music Festival – 18 au 22 août – Mulhouse 
    Caph’ARTS’Naüm – 20 au 23 août – Lafauche
    Festival de Malguénac – 20 au 23 août – Malguénac  
    BatÔjazz 22 au 31 août – Chanaz 
    Les Rendez-vous de l’Erdre – 24 au 30 août – Nantes

    50e ÉDITION DU CREST JAZZ FESTIVAL 

    Depuis 1976, le festival drômois s’est imposé comme un rendez-vous estival incontournable au pied de la Tour de Crest, accueillant jusqu’à 2 000 personnes en plein air avec une programmation éclectique qui a vu défiler en un demi-siècle des artistes aussi divers que Ray Charles, Cesaria Evora, Tigran Hamasyan ou Caravan Palace.

    L’équipe du festival se souvient de ses débuts : « En 1976, Crest est une petite ville de 7 500 habitants, au bord d’une rivière, « la Drôme » aux berges verdoyantes, dominée par sa tour médiévale… Quelques amoureux du jazz y font un festival et accueillent Dexter Gordon et Martial Solal. » Depuis, club, concours international de jazz vocal, stages de chant, École de la voix et nombreux partenariats ont fait de Crest un véritable foyer du jazz, vivant toute l’année dans la vallée.

    Pour ce 50e anniversaire, le festival se tient du 2 au 8 août 2026 avec une programmation qui illustre parfaitement son équilibre entre grands noms et découvertes : Lars Danielsson Liberetto, Dhafer Youssef, Émile Parisien, Erik Truffaz & Antonio Lizana, Ben l’Oncle Soul, mais aussi nit and dogs, lauréats Jazz Migration.

    « Nos partenaires institutionnels et privés, les commerçants de Crest, les festivaliers et nos bénévoles nous ont suivis dans cette belle aventure. Nous nous réjouissons, 50 ans plus tard, de fêter ce magnifique anniversaire et de continuer à faire rayonner le jazz dans notre vallée. Qui l’aurait dit ! Mais quel bonheur à partager ! » conclut l’équipe de Crest Jazz Festival

    LES RENDEZ VOUS DE L’ERDRE ONT 40 ANS 

    Depuis 1987, cet événement annuel s’est imposé comme l’un des plus grands festivals de jazz en France et un rassemblement nautique rare, entièrement gratuit, en plein air sur l’espace public, à Nantes et dans 14 autres villes de Loire-Atlantique sur 86 km le long de l’Erdre et du canal de Nantes à Brest. Plus de 120 concerts avec une programmation riche et représentative du jazz d’aujourd’hui, combinés à un rassemblement de 150 bateaux du patrimoine. 

    Pour Loïc Breteau, le directeur, et Estelle Beauvineau, la programmatrice, cette longévité tient avant tout à l’investissement de la ville de Nantes, moteur historique du festival depuis sa création : « C’est avant tout l’engagement de la ville de Nantes, et une politique culturelle qui soit accessible au plus grand nombre. » Le festival réunit aussi, autour de cet engagement municipal, un large cercle de partenaires, collectivités, entreprises, associations, écoles de musique, clubs nautiques qui en font « le résultat d’une véritable alchimie ».

    Au fil des ans, ce soutien a permis au festival de devenir « un rituel joyeux autour du jazz et du nautisme, un rendez-vous incontournable pour les nantais·e·s et les habitant·e·s du territoire avant la rentrée. » La gratuité, dans l’ADN du festival depuis l’origine, ils la défendent comme bien plus qu’un principe d’accessibilité : « une utopie bien réelle dans le monde d’aujourd’hui », qui permet de bousculer l’image d’un jazz élitiste. « Le public vient aux Rendez-vous de l’Erdre pour se laisser surprendre, avec la garantie de vivre d’intenses moments de découverte artistique. »

    Cet ancrage se retrouve aussi dans la programmation, où environ 50% des artistes sont issus de la scène locale et régionale « riche, qualitative, créative ».
    Avant de découvrir la programmation complète,  des premiers noms ont déjà été annoncés, parmi lesquels l’Orchestre National de Jazz, Anne Paceo, Shai Maestro, Aja-Monet, Momoko Gill, Sean « Mack » McDonald et le Kyoto Jazz Massive.

    Le festival lance également une fanfare participative encadrée par le groupe Zounds : après le succès d’une première édition l’an dernier, « plus de 100 instrumentistes joueront dans 7 lieux du festival, dont un final éblouissant sur les quais pour la parade nautique le samedi soir à Nantes », précisent Estelle et Loïc, qui y voient une évidence : « la pratique amateur a toute sa place sur un espace comme le festival. Et puis le jazz est une musique de club, mais c’est aussi une musique de rue, qui a besoin de sortir du cadre de la scène et de vivre au grand air ! »

    JAZZ À PORQUEROLLES FÊTE SON 25e ANNIVERSAIRE

    5 soirées de création et de fête pour cette 25e édition de Jazz à Porquerolles !
    Avec Papanosh, Sofiane Saidi, Camélia Jordana, Théo Ceccaldi, Laurent Bardainne, Gabi Hartmann, Thomas de Pourquery, Samy Thiébault, Shai Maestro, Airelle Besson, Lionel Suarez, Cyril Atef, Kenny Garrett….
    Né en 2002 de l’imagination de Frank Cassenti, musicien et cinéaste tombé amoureux de cette île du Parc national de Port-Cros, le festival transforme chaque été le Fort Sainte-Agathe en scène à ciel ouvert face à la Méditerranée.

    Pour Samuel Thiebault, son directeur artistique, ce quart de siècle tient à une fidélité simple : « Depuis vingt-cinq ans, avec les musiciens, avec nos équipes et avec vous, nous poursuivons une même idée : faire naître de la joie et de l’émotion dans notre île préférée. » Une manière, ajoute-t-il, de résister au tumulte du monde : « À Porquerolles, nous nous rendons disponibles à la beauté du site, à la musique, aux autres, à la fête, à l’improvisation, à ce qui soudain s’invente et nous emporte. C’est notre manière de résister aux passions tristes et de préserver, simplement, ce qu’il y a de plus vibrant en nous. »
    Depuis Hyères, suivez la musique venue du large, embarquez pour l’île du jazz, du 10 au 14 juillet !

    Découvrir le teaser

    FESTIVAL RHIZOMES : 25e ÉDITION

    Depuis un quart de siècle, le festival cultive une même énergie faite de collisions fertiles entre musiques et cultures du monde, dans les parcs et jardins du 18e arrondissement parisien et de Seine-Saint-Denis. Pour cette édition anniversaire, du 5 au 26 juillet, le festival met « le danse-flore » à l’honneur avec une programmation qui convoque l’afro-punk de Jupiter & Okwess, le maloya de Lindigo, les envolées mandingues de Mah Damba, ou encore l’électro-pop japonisante de Maïa Barouh, un tour du monde musical entièrement gratuit et en plein air.

    Le festival se prolonge aussi à travers ses Balades Extraordinaires, des parcours en pleine nature au Parc Floral, sur la Petite Ceinture ou au domaine de Villarceaux, où musiciens, danseurs et circassiens viennent enchanter le public.

    À LA RENCONTRE DE SOUILLAC EN JAZZ POUR SES 50 ANS !

    Du 21 au 26 juillet, le festival lotois cèlèbre ses 50 années et  réunit pour l’occasion ce qui se fait de mieux : Émile Parisien, Youn Sun Nah & Bojan Z, Erik Truffaz & Antonio Lizana, ainsi que le Duo Brady, lauréat Jazz Migration. « C’est l’aventure des femmes et des hommes d’un territoire rural, qui cheminent de concert. Bénévoles, élus locaux, entrepreneurs, petites entreprises forment et font la commune.» : un demi-siècle raconté à AJC par son président fondateur Robert Peyrillou.

  • À  LA RENCONTRE DE LA FRATERNELLE – MAISON DU PEUPLE À SAINT CLAUDE, PARRAIN DU GROUPE OASIS BOOM (JM#11)

    À LA RENCONTRE DE LA FRATERNELLE – MAISON DU PEUPLE À SAINT CLAUDE, PARRAIN DU GROUPE OASIS BOOM (JM#11)

    AJC vous propose de découvrir les parrains derrière les groupes lauréats du programme Jazz Migration. Ce second portrait est consacré à La Fraternelle – Maison du Peuple et parrain du groupe OASIS BOOM de la promotion Jazz Migration #11 qui sera en tournée en Mars.

    À Saint-Claude, dans le Haut-Jura, La Fraternelle – Maison du Peuple, raconte une histoire à part. Inaugurée au début du XXe siècle, née d’une coopérative ouvrière et d’un idéal d’émancipation culturelle, elle est aujourd’hui un centre culturel pluridisciplinaire où le jazz tient sa place. Depuis la création de JazzAuBistro en 1988, cette musique habite les murs et participe pleinement à l’identité du lieu : un espace d’écoute, de proximité et de liberté artistique. Dans un lieu ouvert presque toute l’année, l’art se vit au quotidien, un quotidien où se croisent artistes, habitant.e.s et bénévoles.

    Fidèle à cet esprit d’engagement et de collectif, La Fraternelle accompagne depuis un an le groupe Oasis Boom, lauréat de Jazz Migration #11. Un parrainage qui coule de source : soutenir une musique vivante, collective, exigeante, et résolument tournée vers le monde.

    Équipe de la Fraternelle

    Trois questions à Christophe Joneau, directeur de La Fraternelle : 

    Pourquoi est-il essentiel que La Fraternelle existe aujourd’hui à Saint-Claude ?

    La Maison du peuple a été inaugurée en 1910. C’est un lieu patrimonial riche d’une histoire politique nourrie de son passé de coopérative ouvrière et de son projet d’utopie concrète. L’association La fraternelle est le centre culturel pluridisciplinaire du Haut-Jura. Ses programmations rassemblent : cinéma, musique, danse, imprimerie (typographie et sérigraphie), artothèque, éducation populaire et artistique, résidences, pratiques des amateurs, service archivistique, visites guidées, café associatif. Chaque année ce sont 50 000 personnes qui fréquentent, participent à ses activités. C’est également un lieu de vie, de rencontres, de débats, de conférences, de temps festifs, ouvert 361 jours par an.

    © Dominique Chappard 

    Qu’est-ce qui fait que l’expérience de La Fraternelle est différente d’un autre centre culturel « classique », pour les artistes comme pour les habitant.e.s ? 

    Une des singularités de La fraternelle est que toutes les équipes, artistiques et techniques, qui viennent travailler à la Maison du peuple sont logées sur place. Cela crée des temps de rencontres avec les publics, les membres de l’association, l’équipe salariée. Le Café, la cour en été, sont des lieux de proximité, propices aux échanges. Cela contribue à la désacralisation de l’art et des artistes, à des relations directes, parfois animées, surtout pour des formes à fortes représentations, danse contemporaine, arts visuels, le jazz….

     © Dominique Chappard

    Le jazz fait partie intégrante du projet. Qu’est-ce que cette musique apporte à l’esprit du lieu et à votre manière de travailler ?

     JazzAuBistro existe depuis 1988 par un groupe de jeunes bénévoles, quelques années après la création de l’association La fraternelle qui a pris la suite de la coopérative La Fraternelle en 1984. Cette musique fait partie des murs. Le disque de l’ARFI Jazz et typo a été enregistré dans l’Imprimerie. Tony Hymas et Catherine Delaunnay ont en registré No Borders au Café il y a peu. La scène est si riche, si diverse. Cette musique est synonyme de liberté, d’engagement, de collectif, de proximité. Il est fondamental pour nous de continuer à faire vivre l’esprit intimiste du café-concert, de la salle à taille humaine, de cet espace d’écoute et de discussions entre les artistes et le public d’après-concert. Parfois très tard…

    © La Fraternelle 

    À travers le parrainage d’Oasis Boom, La Fraternelle affirme son attachement à une scène qui refuse les étiquettes. Formé par Melissa Acchiardi et Vincent Duchosal, le duo batterie / guitare pourrait évoquer une formule rock classique. Mais leur musique déborde rapidement ce cadre.

    Sur scène, tout se déploie dans une pièce au long cours, Cactus Bus, traversée sonore sans interruption où les styles se croisent et se transforment. Rock tendu, surf-music, nappes drone, pulsations presque électroniques, moments plus suspendus : l’ensemble avance d’un seul mouvement, direct et habité. Les paysages semblent défiler, terres volcaniques, poussières désertiques, horizons brûlants, tandis que le duo joue des contrastes, mêlant tension électrique et fragilité mélodique.

    Retrouvez Oasis Boom en Tournée :

    17/03/2026 Festival les Détours de Babel / Grenoble
    18/03/2026 IMFP / Salon de provence
    21/03/2026 Le Cendar / Pau 

  • Nouvelle étude – Les structures de diffusion du Jazz en France

    Nouvelle étude – Les structures de diffusion du Jazz en France

    Cette parution actualise et complète une première édition, sortie il y a désormais plusieurs années, et offre un regard précis sur les réalités de diffusion du jazz et sur l’évolution du secteur.Mise à jour avec les données 2023-2024, cette étude permet de mieux comprendre l’activité des membres du réseau et les dynamiques qui traversent aujourd’hui la diffusion du jazz. Depuis plus de trente ans, les festivals et lieux réunis au sein d’AJC portent des projets citoyens, innovants et profondément ancrés dans leurs territoires.Les éléments rassemblés ici offrent une photographie précise des modèles économiques, des enjeux de développement, des forces et fragilités du secteur, ainsi que des perspectives pour les années à venir. Au-delà des chiffres, ils mettent en lumière le rôle crucial des membres du réseau : créateurs d’emplois, fédérateurs de publics, acteurs de lien social et porteurs d’un modèle non lucratif fondé sur l’intérêt général.Cette publication invite à une attention renouvelée et à un accompagnement renforcé de la part des pouvoirs publics et des partenaires. Car, par la création, la diffusion et la médiation, ils défendent une vision du jazz comme espace de rencontres, d’expérimentation et de liberté, plus essentielle que jamais.

  • À  LA RENCONTRE DU BISIK À LA RÉUNION, PARRAIN DU GROUPE SĖLĒNĘ (JM#10)

    À LA RENCONTRE DU BISIK À LA RÉUNION, PARRAIN DU GROUPE SĖLĒNĘ (JM#10)

    AJC vous propose de découvrir les parrains derrière les groupes lauréats du programme Jazz Migration. Le premier portrait est consacré au Bisik à La Réunion, parrain du groupe Sėlēnę de la promotion Jazz Migration #10 qui sera en tournée en France en Novembre.

    À Saint-Benoît, au cœur de l’Est de La Réunion, la salle du Bisik ne se contente pas d’accueillir des concerts : elle façonne la scène musicale locale. À sa tête, Pascal Saint Pierre, directeur passionné, œuvre depuis plus de six ans pour l’Émergence, la Diffusion et l’Engagement territorial. Véritable tremplin pour les artistes, le Bisik propose des résidences et des scènes ouvertes qui permettent à la création réunionnaise de se développer et de rayonner.Plus qu’une salle de concert, le Bisik est un lieu de convivialité, d’échange et de partage d’émotions, un espace vivant où se tissent des liens entre artistes, publics et partenaires. Cette année, il célèbre ses dix ans, avec une équipe qui travaille d’arrache-pied pour obtenir un conventionnement pluriannuel et pluripartenarial, fondé sur un projet artistique et culturel ambitieux, au service du territoire de la micro-région Est.

    Équipe du Bisik (de gauche à droite : Mickaël Nava, Océane Soubama, Nicolas Bénard, Emmeline Dérand, Sophie Fontaine, Maylee Sautron, Vincent Permal et Pascal Saint Pierre)

     

    Trois questions à Pascal Saint Pierre, Directeur du Bisik :

    Comment définiriez-vous le projet artistique et culturel que porte le Bisik?Notre projet artistique et culturel est structuré autour de trois accords majeurs qui rythment l’action du Bisik. Le premier est l’Émergence : nous sommes un lieu de soutien, offrant aux artistes une plateforme de développement et des ressources professionnelles indispensables pour structurer leurs projets. Le deuxième est la diffusion : nous garantissons une programmation éclectique et exigeante, un point de rencontre entre la création locale (Zone OI) et nationale, tout en valorisant fortement nos musiques traditionnelles. Enfin, notre action est indissociable des Projets de Territoire et de la Médiation culturelle ciblée. Face au Déséquilibre culturel de l’Est, notre mission est cruciale : ouvrir l’accès, aiguiser la curiosité des publics et lutter contre l’éloignement des publics de la culture. En somme, le Bisik est un acteur incontournable et essentiel qui construit des ponts entre la richesse artistique et les populations de ce territoire.

     

     Que met en place le Bisik pour accompagner la scène musicale réunionnaise et en particulier la scène émergente?

    Notre engagement envers la scène musicale réunionnaise est structuré et volontariste, agissant sur les leviers de l’Émergence et de la Professionnalisation. Nous mettons en place un dispositif d’accompagnement complet, notamment l’accueil en résidence artistique, permettant aux groupes de structurer leur projet scénique dans des conditions techniques optimales. De plus, nous cultivons la détection de talents bruts via nos soirées (K)ozé, nos scènes ouvertes, offrant une liberté d’expression unique à toutes les oralités. Au-delà de la scène, nous offrons des ressources professionnelles (dans le réseau 3R conduit par le PRMA) et assurons l’exposition de l’émergence. C’est dans cette logique de soutien actif que nous avons parrainé le groupe Sėlēnę pour le prestigieux dispositif national Jazz Migration ; leur sélection est une immense fierté pour nous et pour toute la scène locale. Le Bisik agit ainsi comme un véritable laboratoire de la création locale et une plateforme de lancement essentielle.

    Le Bisik a rejoint AJC il y a près de 5 ans maintenant, comment le Bisik parvient-il à s’inscrire dans des dynamiques collectives autant sur l’île avec les autres lieux qu’avec des partenaires hexagonaux?

    L’une des forces majeures du Bisik est sa capacité à s’inscrire dans des dynamiques collectives solides, un travail essentiel pour notre structure en développement desservant un bassin de vie à enjeux à l’Est de La Réunion. Sur l’île, nous opérons dans une logique de complémentarité et de solidarité avec les autres lieux structurants (le Kabardock, La Cité des Arts, le Kerveguen, le Théâtre Les Bambous,…) ainsi qu’avec le Pôle Régional des musiques actuelles et l’ensemble du tissu associatif local. Cette mutualisation des forces est vitale pour structurer la filière, assurer la circulation des artistes et l’excellence professionnelle. À l’échelle nationale, notre adhésion à AJC (Association Jazzé Croisé), il y a près de cinq ans, a été un catalyseur. Elle nous ouvre des portes vers des réseaux de diffusion et de production en France Hexagonale, assurant une meilleure visibilité pour nos artistes et permettant à la création réunionnaise de franchir l’océan. En conclusion, le Bisik a su transformer ses défis initiaux en une force motrice de réseau. En étant profondément ancré localement tout en étant connecté nationalement, nous optimisons l’impact de nos trois accords majeurs : Émergence, Diffusion, et Projets de Territoire, au bénéfice de l’ensemble de la scène locale.

     

    Parmi les réussites qui témoignent de cet engagement, le parcours du groupe Sėlēnę, parrainé par le Bisik, illustre parfaitement la portée du travail mené par la structure. Lauréat de la promotion #10 du programme Jazz Migration 2024, le trio entame en novembre une tournée en France avec huit dates. Cette tournée nationale représente une formidable vitrine pour la création réunionnaise et souligne le rôle du Bisik dans la mise en réseau des artistes insulaires avec la scène musicale hexagonale.

    Et pour mieux comprendre l’univers de ce trio singulier, plongée dans leur musique :
    https://jazzmigration.bandcamp.com/album/jazz-migration-10-s-l-n 

    Au royaume de la musique rebelle, Sėlēnę trône sur des mondes multiples, puissants et psychédéliques, électriques, onirique et surréaliste. Sėlēnę, c’est un mélange de caractère(s). Forgé à la Réunion, Mélanie Badal, violoncelliste, est à l’origine de ce répertoire classique joyeusement bousculé, dès 2018, par les accents de musique électroacoustique. Blaise Cadenet guitariste-alchimiste, s’est glissé dans les volutes du projet. Terrain rêvé pour Mahesh Vingataredy, batteur et percussionniste à la très riche expérience. Chez Sėlēnę, le téméraire fusionne avec le fragile, la vigueur frontale des effets avec la nostalgie des mélodies, jouées ou chantées, où quelques blessures passent pudiquement. Sėlēnę est un trio sensible où le monde entier fait nation, où la poésie efface les frontières. En cadence.

    © Sylvain Gripoix

    Retrouvez Sėlēnę en tournée :
    Mercredi 5 novembre – Phénix (Valenciennes)
    Vendredi 7 novembre – Pannonica (Nantes)
    Samedi 8 novembre – Charlie Jazz (Vitrolles)
    Dimanche 9 novembre – Le Petit Faucheux (Tours)
    Mercredi 12 novembre – Théâtre de Vanves (Vanves)
    Vendredi 14 novembre – Jazz à l’Ouest (Rennes)Samedi 15 novembre – [K]Rabo (Putanges-le-Lac)
    Dimanche 16 novembre – 38 RIV (Paris)

    Plus d’infos
    Pour en savoir plus sur le Bisik : https://bisik.re/

  • Les festivals de l’été 2025

    Les festivals de l’été 2025

    Voici un récapitulatif des festivals du réseau AJC qui auront lieu de juin à septembre ! Avec plus de trente manifestations, les esthétiques représentées se trouvent être aussi différentes que les formats imaginés et, évidemment, les lieux mis à l’honneur.

  • Les festivals de l’été 2024

    Les festivals de l’été 2024

    Voici un récapitulatif des festivals du réseau AJC qui auront lieu de juin à septembre ! Avec plus de trente manifestations, les esthétiques représentées se trouvent être aussi différentes que les formats imaginés et, évidemment, les lieux mis à l’honneur.

  • Le réseau AJC a 30 ans

    Le réseau AJC a 30 ans

    Le réseau AJC a 30 ans

    Un article de Raphaëlle Tchamitchian

    Raphaëlle Tchamitchian est journaliste, rédactrice et enseignante freelance dans le théâtre et la musique, notamment le jazz et les musiques improvisées. Elle a obtenu un doctorat en Études Théâtrales, sa thèse portant sur les relations entre jazz et dramaturgie dans les théâtre africain-américain contemporain. Parmi ses collaborations, diverses institutions, artistes, et médias tels que le CNSMDP, Hors-Série, la Médiathèque de La Philarmonie de Paris, l’ONJ, l’EJN, ou encore l’Odéon – Théâtre de l’Europe.

    INTRODUCTION

    Réunissant aujourd’hui 94 scènes et festivals, l’Association Jazzé Croisé, dite AJC, est aujourd’hui le réseau le plus identifié du secteur du jazz et des musiques improvisées en France. À l’occasion de ses 30 ans, tour d’horizon de son histoire et de ses actions.

    En 1993, douze festivals de jazz s’associent pour revendiquer une ligne artistique singulière et défendre la scène créative française et européenne en créant l’AFIJMA, l’Association des Festivals Innovants en Jazz et Musiques Actuelles. Chaque festival a sa propre ligne artistique — qui très jazz, qui aussi musiques du monde, qui musiques improvisées — mais tous sont « un peu atypiques », se souvient Roger Fontanel, le directeur de D’Jazz Nevers. « On souhaitait se rencontrer autour d’une ambition et d’une exigence artistique, se démarquer d’un jazz consumériste ». « On voulait maintenir un équilibre entre radicalité et mainstream, sans être dans la reproduction des modèles américains », confie Jacques Panisset, fondateur du Grenoble Jazz Festival et des Détours de Babel.

    Rapidement, une charte est mise en place, qui sert de base pour faire grandir le réseau. Aujourd’hui, certains des festivals fondateurs existent encore, d’autres ont disparu ou sont partis dans d’autres directions, de nouveaux noms ont fait leur apparition… Parmi les festivals de la « seconde génération », entrés dans les années qui ont suivi la création proprement dite de l’AFIJMA, on compte Banlieues Bleues en Seine-Saint-Denis, Jazz sous les Pommiers à Coutances, Jazzèbre à Perpignan, Jazzdor à Strasbourg…

    À un moment donné, « le besoin s’est fait sentir d’élargir la problématique au-delà des festivals », explique Jacques Panisset. « La défiance qui exis- tait à l’époque entre les festivals et les clubs n’avait pas de sens, renché- rit Philippe Ochem, directeur de Jazzdor et actuel président du réseau. Il semblait fondamental de s’élargir aux clubs et aux scènes généralistes, parce que ça fédérait un plus grand nombre d’acteur·ices, permettait de réfléchir et de co-produire à plus nombreux, et de peser davantage.» C’est ainsi qu’en 2013, vingt ans après sa fondation, l’AFIJMA s’ouvre aux lieux et aux scènes pluridisciplinaires avec un axe jazz marqué, et devient AJC ou Association Jazzé Croisé.

    CONSTRUIRE ENSEMBLE

    Pour chacune des personnes interrogées, le premier intérêt d’intégrer AJC, c’est le partage d’expérience. « Échanger avec des gens qui parlent le même langage que toi, c’est déjà énorme! », s’exclame Yann Causse, fondateur du festival Jazzèbre (aujourd’hui dirigé par Ségolène Alex). « Il n’y a pas besoin de faire 10000 pas pour se faire comprendre. C’est très nourrissant.» Même chose pour Fanny Pagès, qui a rejoint le réseau en 2018 en tant que directrice de L’Astrada à Marciac : « Au regard de mon projet ancré dans la création actuelle, ça me semblait indispensable de rejoindre AJC. Au niveau national et dans ces esthétiques, c’est le réseau identifié. Et puis, c’est par l’échange qu’on peut co-construire. »

    Différentes échelles de structuration s’y côtoient, ce qui permet de nourrir et d’enrichir les projets de chacun·e dans une forme de collégialité. Très concrètement, pour une petite structure comme Jazzèbre, le fait d’intégrer AJC « a eu une influence sur la programmation » explique Yann Causse. « Grâce à mon implication dans le réseau, j’ai commencé à concevoir des créations plus nationales, moins régionales, et le projet s’est progressive- ment élargi.» De manière générale, pour tou·tes les programmateur·ices interrogé·es, les espaces d’échange ouverts par AJC permettent de nourrir sa saison, jusqu’à construire des co-productions.

     

    « enrichir les projets de chacun·e dans une forme de collégialité »

    « Il y avait une concurrence sauvage entre festivals », raconte Jacques Panisset. « On se réservait les créations sans les faire tourner. Avec l’AFIJMA, l’idée était d’éviter cette guerre permanente et créer de la coopération. » Même si ce travail peut être rendu complexe par la diversité de l’offre et par l’envie de chacun·e de proposer des projets originaux, « l’ambition a toujours été de favoriser le montage de co-productions au sein du réseau et d’offrir aux créations une large diffusion », explique Antoine Bos, délégué général d’AJC. Chaque année, ce sont plus d’une vingtaine de projets coproduits par des adhérent·es qui tournent ainsi sur les scènes du réseau. Récemment, Jazzdor s’est associé à jazzahead! en Allemagne pour co-produire le nouveau sextet franco-allemand de Daniel Erdmann, qui aura aussi tourné à Jazzus et aux Rencontres AJC ; et le Petit faucheux, Jazz à Poitiers, le Pannonica, Plages Magnétiques et Le Périscope se sont organisés pour accueillir une tournée du Rempis Percussion Quartet du saxophoniste américain Dave Rempis.

    JAZZ MIGRATION, UN DISPOSITIF POUR L’ÉMERGENCE

    « Un vrai point de départ »Thibault Cellier, contrebassiste
    « Il y a eu un avant, un après! »Rafaëlle Rinaudo, harpiste

    Créé en 2002, Jazz Migration est un dispositif de soutien à l’émergence et au développement de carrière. En 20 ans, le programme a accueilli plus de 260 artistes pour lesquels plus de 1000 concerts ont été organisés, ainsi que des centaines de journées de formation et de résidence. Aujourd’hui très identifié en France et reconnu comme modèle à l’international, Jazz Migration est le programme phare d’AJC. Les deux sont indissociables et le développement de l’un ne peut se faire sans la bonne santé de l’autre.

    Rafaëlle Rinaudo a participé au programme à trois reprises: en 2014 avec Five 38, en 2018 avec Ikui Doki et en 2022 avec Nout. « J’ai vu évoluer les formations Jazz Mig’. Au début, c’était eux qui nous coachaient, l’année d’Ikui Doki, ils ont commencé à proposer des formations, et au moment de Nout, ce nouveau fonctionnement était complètement instauré.» À travers des ateliers, conférences et interventions de professionnel·les, les musicien·nes apprennent à s’adresser aux programmateur·ices (« jamais au petit déjeu- ner ! »), à monter une structure, à optimiser leur usage des réseaux sociaux… Rafaëlle Rinaudo : « J’ai fait un Master 2 d’Administration de la musique et du spectacle vivant à la Sorbonne, mais l’université est trop loin de la réalité du métier. Les trucs pratiques, je les ai appris avec Jazz Mig’. »

    « Avec Papanosh, on a été sélectionnés en 2013, raconte Thibault Cellier. Ça a très bien marché, on a fait 28 concerts cette année-là. On n’aurait pas pu aller aussi loin sur le plan musical sans ça. » Dans le cas de Rafaëlle Rinaudo, qui venait de la musique ancienne, « Jazz Migration s’est substitué au conservatoire. À mon époque, ils ne prenaient pas de femmes instrumentistes en jazz et encore moins en harpe. Ni Marseille ni Toulon ni Aix-en-Provence n’ont voulu de moi. C’est Jazz Migration qui m’a donné une légitimité institutionnelle, ça a été un vrai passeport. J’ai compris que je pouvais vivre de l’activité underground que j’avais toujours eue à côté, toute seule. Je suis entrée en 2014 dans le réseau jazz, et 10 ans après j’y suis toujours. Ça m’a donné une vraie pérennité en termes d’emploi. »

    « La création de Jazz Mig’ serait impossible aujourd’hui », regrette cependant Antoine Bos. « Les programmateur·ices se sentiraient un peu contraint·es. À l’époque, ça correspondait à une forme d’utopie ». Si aujourd’hui, Jazz Migration est sans doute l’action à laquelle le réseau est le plus identifié, sa création a été « vécue comme le pendant national du boulot qu’on faisait à l’international », explique Yann Causse. Car ce qui faisait l’identité d’AJC alors, c’était son ouverture à l’international.

    ACCOMPAGNER LES ADHÉRENT·ES, STRUCTURER LE SECTEUR

    En plus d’être un espace de rencontre et d’échange, AJC mène un travail de fond tourné vers les adhérent·es. Au fil des ans, des dizaines de groupes de travail internes se sont réunis. L’un des premiers entendait construire une exposition sur le jazz mais a dérivé vers une réflexion autour de l’action cultu- relle qui a donné lieu à la publication en novembre 2007 du premier numéro des Cahiers de l’AFIJMA, « Montrer le jazz ».

    Pour Roger Fontanel, ces espaces de réflexion partagés auraient paradoxalement bénéficié de la crise du Covid. « Depuis le confinement, on enchaîne les visios sur l’égalité femmes-hommes, les temps d’information sur les préventions des Violences et Harcèlements Sexistes et Sexuels (VSS), l’écologie, etc., et Antoine [Bos] nous sollicite beaucoup pour des enquêtes. En conséquence, le lien avec le réseau s’est renforcé.» Un certain nombre d’outils conçus pour répondre aux besoins des adhérent·es ont été mis en place: newsletter interne, listes de diffusion pour faciliter la circulation des informations, tables rondes, webinaires thématiques réguliers.

    Côté observation, un certain nombre d’études ont été publiées: Les structures de diffusion du jazz (2017), La représentation Femmes/Hommes dans le jazz et les musiques improvisées (2018), et l’étude pionnière dans le spectacle vivant Quel impact carbone pour les lieux et festivals de jazz? (2022). Pour Philippe Ochem, « à travers tout notre travail d’études et de parutions, on est devenu un vrai outil ressource. » L’objectif final étant de favoriser la connaissance du secteur pour pouvoir mettre en place des actions politiques.

    Cherchant à accompagner la structuration du secteur, le réseau est assez vite devenu un interlocuteur privilégié des institutions. Dès le départ, il y avait une réelle « volonté de peser sur les politiques publiques » explique Roger Fontanel. Ses membres ont ainsi participé à de nombreux groupes de travail, nationaux comme européens. Pour la harpiste Raphaëlle Rinaudo comme pour les autres acteur·ices interrogé·es, c’est là l’un des intérêts essentiels d’AJC : «  porter des intérêts communs  ».

    Au-delà du réseau d’acteur·ices, l’une des particularités d’AJC est de piloter des programmes. Dès le départ, les actions concrètes et collectives ont été privilégiées, depuis les dispositifs de coopération internationale (Constellations, French Nordic Jazz Transit, The Bridge…) jusqu’aux projets sur l’écologie (Landscape) en passant, bien sûr, par Jazz Migration.

    L’OUVERTURE VERS L’INTERNATIONAL, UN AXE FONDATEUR

    Les premières actions du réseau ont été des actions de coopération internationale — de « coopération » et non « d’export », précise Antoine Bos. Pour Roger Fontanel, très tôt avant les Bureaux Export et le Centre national de la musique, « les échanges internationaux ont été la marque de l’AFIJMA. Ils font partie de son ADN ».

    Première pierre à l’édifice : la mobilité des programmateur·ices, que ce soit par l’invitation de professionnel·les étranger·es en France ou par des voyages vers l’étranger. « On défendait l’idée que c’était plus intéressant de venir écouter des concerts de musicien·nes français·es in situ », détaille Philippe Ochem, « alors que la mode de l’époque était d’organiser des showcases de 20 ou 30 minutes ». « À Nevers, j’ai accueilli des professionnel·les italien·nes, scandinaves, autrichien·nes, allemand·es… » (Roger Fontanel). De nombreux festivals du réseau se sont progressivement transformés en rencontres professionnelles plus ou moins informelles, une habitude qui perdure encore aujourd’hui. « C’est ça qui crée les coopérations », continue Antoine Bos. « Quand on trouve des similarités dans les fonctionnements. Quand deux festivals implantés dans deux pays différents mais confrontés aux mêmes enjeux, peuvent échanger et partager ».

    Réciproquement, les programmateur·ices AJC sont allé·es voir ce qui se faisait de l’autre côté de nos frontières. Voyager dans d’autres pays a ainsi complètement bouleversé la façon de programmer de Philippe Ochem. « Je venais des standards, des racines américaines de cette musique, et ça m’a ouvert à des formes plus ouvertes, à des groupes européens moins connus. Ça m’a poussé à chercher un équilibre entre notoriété et exigence artistique, d’arrêter de penser en grande salle, grande jauge et musicien·nes célèbres. »

    Peu à peu, des échanges bilatéraux ont vu le jour. Des programmes de soutien à la diffusion à l’étranger ont été mis en place, des coproductions ont été établies avec l’Italie, la Norvège, l’Autriche, l’Allemagne… « Nous avons aussi des liens forts avec la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark. Il peut y avoir des soubresauts liés aux politiques locales, mais ils soutiennent nos musicien·nes et nous soutenons les leurs », explique Jacques Panisset. « Et puis, on s’est aussi beaucoup impliqués dans différents chantiers portés par le Europe Jazz Network, et on est présents à jazzahead ! depuis le début. »

    « C’est grâce à tout cela qu’aujourd’hui AJC est à la pointe de la réflexion dans ce domaine, et que la France peut avoir une relation durable avec des partenaires européen·nes, voire extraeuropéen·nes », observe Antoine Bos. Les projets internationaux actuels portés par les adhérent·es — Le Périscope avec Footprints, Alexandre Pierrepont avec The Bridge ou Charles Gil avec Vapaat äänet — s’inscrivent dans une continuité.

    LES RENCONTRES AJC, UN POINT DE RALLIEMENT

    Traditionnellement, AJC présente les nouveaux lauréats Jazz Migration chaque année en fin d’année à la Dynamo de Banlieues Bleues (Pantin). Depuis 2019, ce qui était un moment d’échange interne au réseau a été complété par des temps de réflexion ouverts à toute la profession, don- nant naissance aux Rencontres AJC. Elles sont le « point de rencontre de toutes nos actions et réflexions, et le point de ralliement de tou·tes nos acteur·ices » (Antoine Bos).

    Des tables rondes et des groupes de travail y sont aménagés en journée pour discuter de sujets d’actualité, présenter des études ou bien introduire une nouvelle action. Chaque édition correspond à un thème : la Scandinavie avec Nordic Jazz Comets en 2019, l’outre-mer en 2021 et l’émergence en 2022, à l’occasion des 20 ans de Jazz Migration.

    En 2023, les Rencontres s’intéressent à la question de la diffusion et des publics, un sujet qui occupera AJC pendant toute l’année 2024. Et en soirée, en plus des lauréats Jazz Migration, trois groupes franco-européens seront présentés à l’occasion de la création d’un fonds spécial. « On a une dimension nationale avec les groupes Jazz Mig’, et une dimension internationale avec les groupes franco-européens », conclut Antoine Bos.

    ET MAINTENANT ?

    D’abord et comme partout, le chantier de l’égalité femmes-hommes — « un chantier bien entamé, mais à ne pas lâcher » (Fanny Pagès). C’est que, comme beaucoup de secteurs, le jazz revient de loin. « Five 38, mon duo avec Fanny Lasfargues, a été le premier groupe de filles à faire Jazz Mig’, observe Rafaëlle Rinaudo. C’était il y a 10 ans… » Depuis la prise de conscience provoquée par #MeToo, AJC s’est emparé du sujet à bras-le-corps.

    Une première étude, réalisée en collaboration avec Grands Formats, la FNEIJMA (Fédération Nationale des Écoles d’influence Jazz et Musiques Actuelles) et l’ADEJ (l’Association des Enseignants de Jazz) est parue en 2018. Une seconde étude est en préparation, cette fois dirigée par la sociologue Marie Buscatto, l’autrice de Femmes de jazz (éditions CNRS, 2007). Prévue pour fin 2023, elle permettra d’apprécier l’évolution de la situation par les chiffres et comprendra un volet autour des VSS.

    « La question F/H traverse tout AJC, depuis l’offre aux adhérent·es jusqu’aux actions portées »

    À l’intérieur du réseau, différentes actions ont été mises en place : formations autour des VSS à destination des adhérent·es et des artistes Jazz Migration, protocole de signalement… La vigilance est de mise à chaque étape du pro- cessus de sélection de Jazz Migration, ce qui a permis de passer de 21 % de musiciennes lauréates en 2017 à 44 % en 2023. Enfin, du côté de la diffusion, « on essaie chacun, chacune de programmer le plus de femmes possibles » (Philippe Ochem). La question traverse tout AJC, depuis l’offre aux adhérent·es jusqu’aux actions portées.

    Même chose pour l’autre grand chantier de notre époque, engagé il y a quelques années déjà: la transition écologique. Dans la foulée de l’étude pionnière Quel impact carbone pour les lieux et festivals de jazz ? (2022) est créé le projet européen Landscape, porté en collaboration avec le Périscope à Lyon et le Bimhuis à Amsterdam. Ouvert à tou·tes les acteur·ices du monde de la musique, il entend développer des outils et une méthodologie partagée pour réduire son empreinte carbone. Côté AJC, il s’agit essentiellement de transmettre la « bonne parole », d’irriguer le réseau d’informations concrètes et de données pratiques, afin que chacun·e soit à même de s’emparer du problème à son échelle. Ont ainsi été mises en place des formations pour les adhérent·es autour de la mobilité des publics et des artistes, la sobriété énergétique des lieux, l’alimentation et le numérique. Là aussi, « nous ne sommes pas loin d’être les premiers et les seuls en Europe dans le jazz », défend Antoine Bos. « On a une forme d’exemplarité à laquelle on tient. »

    Côté international, « le travail continue ! », s’exclame Roger Fontanel. En s’ouvrant à de nouveaux pays, comme par exemple la Pologne et les Pays baltes, et en créant de nouveaux programmes. Dernier-né des actions de coopération internationale, le programme Constellations réunit huit dispositifs d’accompagnement de l’émergence dans huit pays européens et extraeuropéens et propose à de jeunes artistes des résidences et des concerts dans le pays de leur choix. Parallèlement, la création d’un fonds spécial franco-européen est présentée aux Rencontres AJC 2023. « Les musicien·nes ne nous ont pas attendus pour créer des groupes franco-européens, remarque Antoine Bos. À nous de prendre le relais pour faire bouger les politiques publiques. »

    « Il faut que Jazz Migration devienne un label à exporter dans d’autres pays »

    Toujours sur le métier, Jazz Migration est affiné chaque année pour accompagner les évolutions du milieu. De trois groupes lauréats, on est passé à quatre; l’accompagnement professionnel et artistique s’est étoffé pour répondre aux besoins du secteur; les tournées se sont étirées… Mais si la question de la diffusion a toujours été centrale, l’équipe se heurte aujourd’hui à l’équilibre de tout un écosystème. « On touche aujourd’hui à une limite », observe Antoine Bos. « Des tournées de 100 dates, c’est peut-être trop. » En outre, depuis la création du programme, le paysage a changé. De nombreux autres dispositifs d’accompagnement ont vu le jour à l’échelle locale, ce qui invite à repenser l’équilibre entre régional et national. De plus, l’urgence écologique invite à penser autrement la question de la diffusion, quand celle-ci n’est pas tout simplement contrainte par des restrictions budgétaires.

    Dans ces conditions, comment faire pour continuer à jouer le double rôle de révélateur et de professionnalisation de l’émergence ? Comment s’ajuster face à un écosystème en perpétuel mouvement ? Parmi les pistes évoquées : poursuivre le développement de l’accompagnement personnalisé; former plus de musicien·nes, voire les professionnel·les ; maintenir durablement l’ouverture à d’autres dispositifs en France et en Europe… Pour Rafaëlle Rinaudo, Jazz Migration pourrait devenir un label à exporter en tant que tel. « C’est le chantier politique du moment ! Au même titre que le CNM fait des Jazz Export Days, il faut que Jazz Migration devienne un label à exporter dans d’autres pays, comme une sorte de package. »

    Au-delà de Jazz Migration, la question de la diffusion en général reste le nerf de la guerre. Pour les artistes interrogé·es, un travail d’ajustement des politiques de diffusion serait bienvenu. « On nous demande tout le temps de produire des créations, mais après on est seul·es à gérer la diffusion », déplore Rafaëlle Rinaudo. « Une création est jouée 2 ou 3 fois en moyenne. »

    Une course à l’échalote imposée à la fois par le ministère, puisque les aides au projet et au conventionnement sont conditionnées à de nouvelles créations, et par les programmatrices et programmateurs eux-mêmes, qui aiment pouvoir offrir des créations ou des exclusivités à leur public. « Ce serait bien que les professionnel·les soient plus à l’écoute de l’artistique », objecte Thibault Cellier. « Il y a une frénésie de créations, aujourd’hui la durée de vie d’un projet c’est 3 ou 5 ans si tu te débrouilles bien. Ce n’est pas du tout assez. Pourquoi ça ne pourrait pas évoluer puisqu’on est nombreux et nombreuses à le ressentir ? »

    Pour Antoine Bos, « c’est une question majeure. Ça fait 30 ans qu’on se bat pour que nos musiques soient plus diffusées sur les scènes généralistes, mais depuis quelques années on assiste à une forme de contraction de la diffusion due à une hausse des cachets et à une baisse de financements. Résultat, les programmateur·ices prennent moins de risques.» Parmi les solutions possibles : côté scènes et festivals, développer encore davantage les « séries » en lien avec d’autres diffuseurs, et s’investir dans le programme de création mutualisée conçue par la DGCA et accentuer le travail de co-production et de dates partagées; côté AJC, poursuivre l’engagement auprès des pouvoirs publics nationaux et locaux, et des sociétés civiles, afin qu’ils intègrent l’importance d’un soutien marqué à la diffusion du jazz et des musiques improvisées.

    AJC, UNE RÉFÉRENCE POUR LE SECTEUR

    Association d’acteur·ices de la diffusion du jazz en France partageant les mêmes valeurs et les mêmes objectifs, AJC s’est construit une identité bien à lui, fondée sur un ensemble d’actions collectives. Que ce soit à travers Jazz Migration, les échanges internationaux ou les récents projets sur l’écologie, AJC contribue à répondre aux besoins du secteur, à professionnaliser les musicien·nes de jazz en France, ainsi qu’à légitimer la place de ces musiques qui restent en dehors des cases à la fois du grand public et de l’institution.

    « Aujourd’hui, on est le réseau le plus important dans le jazz en France, observe Roger Fontanel. On est la référence, l’appui principal pour défendre ces musiques. Mais cette place, on l’a gagnée petit à petit. C’est une grande réussite! » « Finalement, ce réseau vise à produire de la réflexion et du sens », confie Jacques Panisset. « Un travail d’actions, de moralisation des pratiques, de lobbying, de mise en réseau et de partage d’intelligence et de sens pour mieux alimenter la manière dont on vend nos projets, pour faire un meilleur travail. Un travail qui se poursuit aujourd’hui. »

  • Communiqué – Publication de l’étude « Les inégalités Femmes/Hommes et les violences sexistes et sexuelles dans le jazz et les musiques improvisées »

    Communiqué – Publication de l’étude « Les inégalités Femmes/Hommes et les violences sexistes et sexuelles dans le jazz et les musiques improvisées »

    DÉCOUVREZ LES RÉSULTATS DE L’ÉTUDE :

    « LES INÉGALITÉS FEMMES / HOMMES ET LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES
    DANS LE JAZZ ET LES MUSIQUES IMPROVISÉES »

    Enquête réalisée par Marie Buscatto et Ionela Roharik
    coordonnée par AJC, la FNEIJMA, et Grands Formats

    Avec le parrainage du Ministère de la Culture et le soutien du CNM.


    Après une première étude menée en 2018, nous avons désiré réaliser un nouvel état des lieux sur les inégalités entre femmes et hommes dans le jazz et les musiques improvisées ainsi qu’un premier constat sur les violences sexistes et sexuelles (VSS). Nous avons confié cette étude à Marie Buscatto et Ionela Roharik, deux universitaires expérimentées, sociologues du genre, du travail et des arts.

    Après plus d’une année de recherches, de collecte et d’analyse, plus de 110 structures enquêtées (équipes artistiques, festivals et lieux de concerts, structures de formation), 510 personnes consultées, il est l’heure de lever le voile sur les résultats de cette étude. Si celle-ci révèle le maintien fort des inégalités entre femmes et hommes et la présence d’agissements sexistes encore peu nommés et peu combattus au quotidien, elle laisse apercevoir une volonté affirmée de la part des personnes et des institutions actives dans le milieu du jazz et des musiques improvisées en France de transformer ce secteur pour qu’il devienne plus favorable aux femmes musiciennes.

    Parrainée par le ministère de la Culture et soutenue par le CNM, cette étude poursuit une réflexion collective de nos trois réseaux et fédérations – AJC, FNEIJMA, Grands Formats –  autour de l’égalité femmes-hommes, initiée il y a maintenant cinq ans et que nous poursuivons depuis en observant, sensibilisant, débattant avec les autres acteur·rices du jazz et des musiques improvisées comme avec le reste du champ culturel.
     

    AJC, Grands Formats, FNEIJMA