Catégorie : Vie du réseau

  • Étude sur les inégalités Femmes/Hommes (F/H) et sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le jazz et les musiques improvisées

    Étude sur les inégalités Femmes/Hommes (F/H) et sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le jazz et les musiques improvisées

    Etude réalisée par
    Marie Buscatto et Ionela Roharik,

    coordonnée par
    AJC, la FNEIJMA et Grands Formats

    données 2022

    INTRODUCTION ET MÉTHODOLOGIE

    Après une première étude menée en 2018, les réseaux AJC, Grands Formats et la FNEIJMA ont désiré réaliser un nouvel état des lieux sur les inégalités entre femmes et hommes dans le jazz et les musiques improvisées ainsi qu’un premier constat sur les violences sexistes et sexuelles (VSS). Cette étude a été confiée à Marie Buscatto et Ionela Roharik, deux universitaires expérimentées, sociologues du genre, du travail et des arts.

    Les résultats révèlent le maintien fort des inégalités entre femmes et hommes et la présence d’agissements sexistes encore peu nommés et peu combattus au quotidien.

    Néanmoins, ils font état d’une volonté affirmée de la part des personnes et des institutions actives dans le milieu du jazz et des musiques improvisées en France de transformer ce secteur pour qu’il devienne plus favorable aux femmes musiciennes.

    La solidité de l’analyse repose sur une articulation fine entre les réponses aux questionnaires et les discours recueillis lors des entretiens qualitatifs. Au regard des conditions de passation et des taux de réponse, nous ne saurons mettre en avant la «représentativité statistique» de l’enquête, mais bien sa «significativité sociologique».

     
    graphique intro

    DES INÉGALITÉS PERSISTANTES

    …ENTRE LES MUSICIENS ET LES MUSICIENNES

    …DANS L’ADMINISTRATION ET LA TECHNIQUE AUSSI

    Les femmes semblent avoir quelques difficultés à se voir reconnaître des compétences techniques ou musicales ou des aptitudes physiques

    + des hommes qui n’écoutent pas leurs avis

    • + des hommes et des femmes qui ne leur donnent pas l’occasion d’exercer dans ces domaines

      • + des hommes qui leur expliquent comment s’y prendre

    « Les femmes doivent rester à leur place, on me l’a dit, faut savoir rester à ta place, on me l’a dit quand j’ai parlé lors d’une intervention sur la programmation…»
                                                       MORGANE, 40-50 ANS, gestionnaire administrative

    DES RÉPERTOIRES MAJORITAIREMENT PORTÉS PAR DES HOMMES

    En moyenne, 20% des morceaux joués par les équipes artistiques sont composés par des femmes, contre 63% par des hommes.

    L’étude établit un lien de corrélation entre le taux de répertoire composé par des hommes et la part nettement majoritaire d’équipes artistiques dirigées par un homme.

    DES INÉGALITÉS DE REVENUS

    DES FEMMES ENSEIGNANTES EN SITUATION MOINS FAVORABLE

    Les femmes travaillent plus que les hommes mais sont plus précaires et moins stables dans l’emploi enseignant.
    L’enseignement est la source principale de revenus déclarée par 60% des femmes contre 40% des hommes.

    Lorsque l’enseignement est leur activité principale, elles sont les seules à travailler plus de 29 heures par semaine (17,7%).

    53%

    des femmes donnent entre 1 et 10 heures de cours par semaine.

    59%

    des femmes doivent travailler dans plusieurs écoles contre 29% d’hommes

    45%

    de femmes travaillent en CDD à temps partiel contre 25% pour les hommes.

    en CDI, soit-il à temps partiel, les proportions s’inversent :

    20% de femmes, 32% d’hommes

    31%

    de femmes enseignantes sont titulaires de leur poste contre 69% d’hommes.

    UN CHOIX TOUJOURS TRÈS GENRÉ DANS L’INSTRUMENT JOUÉ

    UNE POTENTIELLE ÉVOLUTION À
    L’OEUVRE QUANT AU CHANT ?

    Si le chant reste l’apanage des femmes, l’échantillon observé démontre une évolution de la part des hommes chanteurs.

    DES PROCESSUS SOCIAUX PRODUISANT LES INÉGALITÉS…ET CONTRAIRES À L’ENTRÉE, AU MAINTIEN ET À LA RÉUSSITE DES FEMMES MUSICIENNES

    • + Une moindre place laissée à l’apprentissage et à l’expression des femmes sur scène

    • + Une cooptation privilégiant le recrutement entre hommes musiciens

    • + Les stéréotypes féminins péjoratifs

    • + Une dévalorisation à priori des compétences professionnelles

    • + Les femmes musiciennes tendent à être sexualisées

    LA FAIBLE PRÉSENCE DES FEMMES EN FORMATION PROFESSIONNELLE, UNE RÉALITÉ CERTES AVÉRÉE, MAIS MOBILISÉE COMME UNE EXCUSE

    • Ratio hommes/femmes en formation loisirs :

      Moyenne : 1,38 hommes pour 1 femme
      Minimum : 0,7
      Médiane : 1,35
      Maximum : 2,5

      Ratio hommes/femmes en formation professionnelle :

      Moyenne : 3,62 hommes pour 1 femme
      Minimum : 1,5
      Médiane : 2,1
      Maximum : 16

    UNE MAJORITÉ D’HOMMES DANS LES CURSUS LOISIRS, CONFORTÉE ET RENFORCÉE DANS LES FORMATIONS PROFESSIONNELLES

    • Les personnes rencontrées invoquent des schémas sociaux indépendants des pratiques des acteurs et des actrices du jazz et des musiques improvisées :

      + l’absence de modèles

      • + l’absence de confiance des femmes en elles

      • + l’intérêt des femmes pour des activités « féminines » autres que le jazz

    « à formation égale, les femmes jouissent d’un tremplin de visibilité par rapport aux mecs car on est beaucoup plus nombreux. […] elles ont un relais médiatique que n’ont pas les mecs, elles sont plus visibles. »

    « J’aurais adoré qu’on m’appelle pour faire des groupes, des sessions. Mais je ne pouvais pas partager la camaraderie des musiciens qui m’entouraient, même si je faisais tout pour gommer ma féminité, je restais malgré tout une présence qui empêchait la décontraction, qui dérangeait l’entre-soi masculin, qui intimidait et qui obligeait à éviter les blagues ou allusions sexistes. »

    J’ai réussi le concours du conservatoire, et quand je suis rentrée, là c’est devenu dur d’être une femme. On était trois femmes, et pendant quatre ans, je me suis sentie exclue. On me disait que j’étais là parce que j’étais une femme, les autres ne m’invitaient pas. »

    PIERRE, musicien de 50-60 ans

    CLAIRE, musicienne de 40-50 ans

    ANOUK, musicienne de 30-40 ans

    LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES DANS LE JAZZ ET LES
    MUSIQUES IMPROVISÉES

    LES INSTITUTIONS ADOPTENT DES MESURES, UN ENGAGEMENT JUGÉ NÉCESSAIRE

    Les mesures indiquées comme les plus importantes selon les répondant·e·s sont :

    + l’existence d’un protocole de signalement

    + la formation des personnels sur les différents types de VSS

    + des actions de sensibilisation auprès de tous les personnels

    87%

    des institutions sondées ont pris au moins une mesure de protections contres les VSS.

    LOI DU SILENCE AUTOUR DES VSS, UN SENTIMENT PARTAGÉ ?

    31% à 58%* des femmes contre 14 % à 28 %* des hommes partagent ce sentiment.

    DES COMPORTEMENTS ENTRANT DANS LE CHAMPS DES VSS, PASSÉS SOUS SILENCE OU PAS IDENTIFIÉS COMME TELS ?

    Les réponses des individus face à celles des responsables traduisent là encore le constat d’une sous-déclaration des VSS.

    L’hypothèse envisagée est celle d’une considération relative de la gravité de certains agissements, comme les blagues, les remarques sur la tenue vestimentaire ou les propos à connotation sexuelle.

    « Il y a beaucoup de choses qui me passent à côté, je ne voispas les choses se passer en fait. (…) Il y a des profs qui font des réflexions à connotation sexiste, mais seulement entre hommes. »

    PAUL, musicien-stagiaire en formation professionnelle d’une vingtaine d’années

    DES ENTRETIENS QUI CONFIRMENT CETTE ANALYSE

    Tout se passe comme si les violences sexistes du quotidien tendent à être invisibles pour l’essentiel ou lorsque observées, très rapidement oubliées, car quasiment impossibles à dénoncer dans un cadre de travail serein et cela, malgré le souhait de nombreuses personnes de vouloir que la situation change.

    « Elles sont traitées plus comme des objets sexuels que comme des artistes. Même si c’est un peu moins, ça change un peu quand même. Moi, ce n’est pas mon truc, je ne suis pas un queutard, du coup on m’a fait des blagues sur le fait que je pouvais être homosexuel, du genre « t’es un peu PD quand même, un peu lopette…Je n’étais pas complètement un vrai homme pour eux. Je ne l’ai pas bien vécu, et en même temps j’y ai participé, j’ai fait des blagues sexistes pour que ça passe. Mais je l’ai fait par autodéfense, pas par conviction. »

    CLÉMENT, musicien de 40-50 ans

    DES PERSONNES INVESTIES, UNE VOLONTÉ D’ACTION AFFIRMÉE
    MAIS DES MOYENS D’ACTION ENCORE EN DISCUSSION

      • Cette nouvelle enquête permet d’observer des inégalités toujours aussi criantes issues de processus sociaux largement ancrés et de violences sexistes et sexuelles banalisées. Mais certaines données comme certains discours laissent espérer une prise de conscience du monde du jazz et une évolution future positive.

        Parmi nos trois réseaux, ce sont ainsi entre 85% et 88% de nos adhérents qui ont adopté des mesures en faveur de l’égalité femmes/hommes ou en faveur d’une protection contre les violences sexistes et sexuelles. Est-ce le signe d’une prise de conscience ou le résultat d’un impératif posé par les institutions finançant le secteur ?

        Les causes diffèrent mais les résultats sont présents, les répondant·e·s sont clairement favorables à la lutte contre les inégalités femmes/hommes et les violences sexistes et sexuelles.

         
      • Difficile de savoir si l’enquête a recruté parmi une population concernée très minoritaire ou parmi une population investie représentative des manières dont une majorité des membres du monde du jazz envisage l’avenir – plus égalitaire et moins sexiste.

        Mais cette population «de bonne volonté» est bien présente et peut servir de point d’ancrage à des actions ciblées, que l’on pense lutte contre les VSS ou féminisation du monde du jazz et des musiques improvisées. Cette « bonne volonté » est encore ce pendant soumise à la difficulté de se mettre d’accord sur les actions à mettre en place, les initiatives étant nombreuses et discutées – formation des acteur·rice·s, sensibilisation, mise en place de quotas, espaces de discussions, échanges de bonnes pratiques, etc.

        Les initiatives engagées par de nombreux·ses acteur·rice·s doivent cependant se poursuivre et de façon concertée et collective, en cherchant à impliquer tout le champ du jazz et des musiques improvisées – de la diffusion, à la formation comme à la production.

    NOS STRUCTURES

    AJC

    Né en 1993, AJC est un collectif de 92 festivals, clubs, scènes labellisées défendant une programmation réfléchie, construite sur une idée militante et progressiste du jazz : contemporain, créatif, généreux et dont le propos s’inscrit dans le cadre de projets culturels citoyens.

    FNEIJMA

    Fondée en 1990, la FNEIJMA rassemble plus d’une trentaine d’écoles de musique privées et indépendantes formant des musiciens et des musiciennes au jazz et aux musiques actuelles, qu’iels soient professionnel·le·s, en voie de professionnalisation et/ou amateurs.

    GRANDS FORMATS

    est une fédération qui réunit aujourd’hui 116 grandes formations et collectifs d’artistes français·es et européen·nes du jazz et des musiques improvisées, outils de création uniques, porteurs d’une histoire et d’un héritage artistique précieux.

  • Sturm Production lance un  dispositif d’émergence et d’accompagnement professionnel

    Sturm Production lance un  dispositif d’émergence et d’accompagnement professionnel

    Avec seulement 14 à 17% de femmes sur scène, le secteur des musiques actuelles demeure en France l’un des secteurs plus discriminés. L’insertion professionnelle des créatrices et musiciennes après l’obtention de leur diplôme est particulièrement délicate, autant que, à tout âge, l’émergence et le lancement de leurs projets artistiques propres. Globalement, les musiciennes et créatrices sont sous-représentées, sous-financées, moins encouragées et moins valorisées que leurs collègues masculins dans le secteur musical.

    Dans ce contexte, la Sturm Production – organisatrice du festival Jazz à la Petite France et d’une saison musicale dédiée au matrimoine musical (dans toutes les esthétiques) à Strasbourg – souhaite expérimenter un nouveau dispositif d’émergence et d’accompagnement professionnel prenant en compte le genre, afin d’aider un groupe basé en région Grand Est à finaliser et lancer la création scénique d’un nouveau projet musical. Ce dispositif est co-financé par l’Union européenne au titre du Fonds social européen (FSE +) et par la Ville de Strasbourg, en partenariat, notamment, avec la Maison Bleue.

    • Ce dispositif vise à :

    •      – Faire émerger un nouveau projet musical porté par une ou des femmes*
    •      – Promouvoir la mixité sur scène : au moins 2 femmes* sur scène au-delà du duo
    •      – Soutenir une démarche de création musicale
    •      – Aider à la finalisation et au lancement d’un spectacle
    •      – Contribuer à l’insertion professionnelle du groupe

    Le groupe sélectionné bénéficiera de :

    • Une résidence de création de 5 jours, rémunérée, du 17 au 21 février 2024 à la Maison Bleue à Strasbourg, avec restitution devant des professionnel.les ;
    • Un concert final rémunéré, le samedi 16 mars 2024 à la Maison Bleue à Strasbourg ;
    • Une rencontre avec les publics pour présenter la démarche de création et le projet musical ;
    • 6 h d’accompagnement minimum, de janvier à mai 2024, sur des aspects spécifiques au lancement d’un projet (communication, booking, production, etc) ;
    • Une captation vidéo du concert et l’édition de 2 titres « live » + un shooting photo + une bio ;
    • L’établissement et/ou la finalisation de la fiche technique et du rider.

    Les déplacements depuis la région Grand Est et les hébergements du groupe à Strasbourg sont pris en charge. Les rémunérations respectent les minimums syndicaux de la convention Syndeac.

    Projet co-financé par l’Union européenne au titre du FSE + (30 000 €)

    // Musiques actuelles, jazz, musiques du monde et traditionnelles

    // Postuler avant le 10 novembre 2023 à minuit

    // Résultats annoncés avant le 31 décembre 2023

    // Candidatez en deux étapes :

    1. envoyer un mail à sturmproduction(@)gmail.com en précisant en objet « Candidature dispositif Music&lles » : donner le nom du groupe + 1 à 2 photos de groupe, en 72 dpi

    2. remplir le formulaire de candidature depuis ce lien

    // Critères de sélection du groupe :

    • être un groupe basé en Grand Est, composé de minimum 2 femmes* au-delà du duo et d’au moins
    33% de femmes* dans le groupe. Les groupes majoritairement ou 100% féminins peuvent postuler;

    • la direction artistique et musicale doit être assumée par l’une des femmes* du groupe;

    • proposer un répertoire original d’au moins 30 minutes en musiques actuelles ou jazz ou musiques
    du monde et/ou traditionnelles ; les esthétiques hybrides ou innovantes sont acceptées ;

    • ne pas avoir sorti plus d’un disque (commercialisé ou pas) sur le projet concerné ;

    • les membres du groupe doivent avoir plus de 18 ans, et moins de 40 ans en moyenne, à la date de
    clôture de l’appel à candidature ;

    • être disponible dans les dates et les périodes mentionnées ci-dessus ;

    • ne pas être signé au niveau national (par un label, un tourneur, un éditeur…) et avoir moins de 15
    dates par an en tant que groupe sur les 2 dernières années.

    *Femme, femme trans, non binaire.

  • Les festivals de l’été

    Les festivals de l’été

    Voici un récapitulatif des festivals du réseau AJC qui auront lieu de juin à septembre ! Avec plus de trente manifestations, les esthétiques représentées se trouvent être aussi différentes que les formats imaginés et, évidemment, les lieux mis à l’honneur.

  • [Actualités des adhérents] Un dispositif à destination des jeunes musiciennes

    [Actualités des adhérents] Un dispositif à destination des jeunes musiciennes

    Le souhait de la percussionniste et compositrice Anne Paceo de créer un espace d’échange et de pratique dédié aux femmes musiciennes de jazz, se concrétise grâce à l’appui du Festival Jazz sous les Pommiers et Les Gémeaux qui lancent le dispositif « Women in Jazz ».

    Le programme vise à accompagner les jeunes musiciennes sur différents aspects : pratique artistique, le cadre professionnel ou bien en offrant un espace de rencontre et de parole avec de grandes figures féminines du jazz.

    Il est d’ores et déjà possible pour les musiciennes intéressées de prendre part à l’appel à candidatures qui se termine le 20 mai 2023. À l’issue de la sélection, les candidates auront l’occasion de participer à un winter camp à Coutances en décembre, puis un summer camp lors du Sceaux Jazz Festival du 19 au 21 juin 2024. Cette première édition du dispositif s’achèvera avec un concert de restitution intégré à la programmation du festival.

  • Nouveau Conseil d’administration

    Nouveau Conseil d’administration

    Le réseau AJC a élu son nouveau Conseil d’administration le 29 novembre 2022 à Paris.

    AJC, réseau de la diffusion du jazz en France, a tenu, le 29 novembre 2022 à la Cité internationale des arts à Paris, son Assemblée Générale laquelle a procédé à l’élection de son Conseil d’Administration.

    À cette occasion, nous avons aussi tenu à remercier l’engagement de près de 30 années de Roger Fontanel, fondateur du réseau AFIJMA/AJC et membre de son Conseil d’administration, qui poursuivra son investissement aux cotés des 87 autres adhérents qui composent AJC.

    Ce Conseil d’administration, constitué de 10 membres et le Bureau paritaire qui le compose, auront pour mission de représenter le réseau et le monde du jazz et des musiques improvisées par ses actions de production, de diffusion, de sensibilisation en France comme à l’international et dans ses relations avec l’Etat, le Centre National de la Musique, les collectivités, les institutions européennes ainsi que l’ensemble des partenaires professionnels de la filière musicale et culturelle.

    Le nouveau Conseil d’administration d’AJC

    Président : Philippe Ochem – Directeur de Jazzdor/SMAc Jazz à vocation internationale – Strasbourg

    Vice-Président : Pierre Dugelay – Directeur du Périscope – Lyon

    Trésorière : Anouchka Charbey – Directrice du Théâtre de Vanves

    Secrétaire : Segolène Alex – Directrice de Jazzèbre – Perpignan

    Sébastien Cabrié – Directeur de Jazz à Junas

    Gilles Gautier – Co-gérant de Jazzus Productions – Reims

    Xavier Le Jeune – Directeur de l’Estran – Guidel

    Fanny Pagès – Directrice de l’Astrada – Marciac

    Aurélien Pitavy – Directeur de Charlie Jazz – Vitrolles

    Janick Tilly – Directrice de Plages Magnétiques – SMAC – Brest

  • Les festivals de l’été

    Les festivals de l’été

    Juin

    Chinon en jazz

    1 – 5 juin

    Bruisme – Jazz à Poitiers

    23 – 26 juin

    Jazzdor Strasbourg – Berlin – Dresden

    7 – 10 juin

    Des Rives et des Notes – Jazz à Oloron

    24 juin – 3 juillet

    La Défense Jazz Festival

    20 – 26 juin

    Paris Jazz Festival

    29 juin – 7 septembre

    Juillet

    Charlie Jazz Festival

    1 – 3 juillet

    Jazz à Couches

    6 – 9 juillet

    Jazz à Porquerolles

    9 – 13 juillet

    Souillac en jazz

    16 – 23 juillet

    Crest Jazz

    31 juillet – 6 août

    Radio Terrasse

    5 – 8 juillet

    Jazz à Juan

    6 – 19 juillet

    D’Jazz au jardin

    11 – 15 juillet

    Millau en jazz

    17 – 23 juillet

    Jazz à Junas

    19 – 23 juillet

    Jazzpote

    5 – 19 juillet

    Marseille Jazz des Cinq Continents

    7 – 23 juillet

    Jazz à Luz

    13 – 16 juillet

    Vague de Jazz

    22 juillet – 5 août

    Août

    Gaume Jazz Festival

    12 – 14 août

    Caph’Arts’Naüm

    25 – 27 août

    Les Rendez-vous de l’Erdre

    22 – 28 août

    Météo

    23 – 27 août

  • Quel impact carbone pour les lieux et festivals de jazz ?

    Quel impact carbone pour les lieux et festivals de jazz ?

    Une feuille de route pour le secteur du Jazz
    face à la crise climatique

    4 lieux, 5 festivals en France et en Europe : Le Périscope / L’Estran / L’Astrada / Bimhuis (NL)
    Jazzdor / Les Détours de Babel / Oslojazz (NW) / Jazz à Luz / Jazz dans le Bocage

    Il est aujourd’hui scientifiquement établi que le changement climatique est la résultante d’émissions anthropiques de gaz à effet de serre et que ces futures émissions détermineront la modification du climat à venir. Afin de ne pas dépasser une augmentation de 1,5°C d’ici à 2100, nous devons freiner rapidement nos émissions pour atteindre zéro émission nette en 2050. À la suite de la démarche vers une Transition Bas Carbone initiée par le Périscopei et de la présentation début 2022 de sa stratégie carboneii, une nouvelle coopération entre le Périscope et le réseau AJC s’est engagée en 2021 pour imaginer une étude carbone, mesurer le poids de notre secteur dans le changement climatique et construire une trajectoire commune pour le champ du jazz et des musiques improvisées.

    Conduite grâce à un cofinancement européen, cette étude carbone Périscope-Footprintsi et AJC vise à déterminer les bilans carbones de différents acteurs (membres du réseau ou partenaires), ensuite d’identifier les leviers de réduction les plus pertinents pour chacun d’entre eux et de manière plus générale, d’obtenir des stratégies reproductibles pour les acteurs du secteur.

    Depuis une dizaine d’années, le secteur culturel a en effet pris progressivement conscience de son impact sur les crises climatiques au niveau mondial. Des acteurs pionniers, comme Julie’s Bicycle en Angleterre ou Creative Carbon Scotland en Ecosse accompagnent les acteurs et actrices dans sa décarbonation, à l’aide notamment d’outils de calcul carbone dédiés au secteur culturel et d’études régulières. En France, la réflexion avait commencé dans le milieu du spectacle vivant au début des années 2010, avec la réalisation de quelques bilans carbone pour quelques théâtres et grandes salles mais elle s’est surtout accélérée depuis 2020, avec la publication du rapport du Shift Project, une volonté générale de réorganiser les pratiques post-Covid 19 afin qu’elles soient fondamentalement plus durables et enfin un accès facilité à des financements nationaux et européens pour la réalisation de bilans carbone.

    Cependant, malgré de nombreuses expérimentations et un certain nombre d’études, le secteur culturel, et musical en particulier, manque toujours aujourd’hui d’une approche chiffrée et scientifique, afin de pouvoir mesurer et bien comprendre les enjeux liés à ses activités. Les législations européennes et françaises commencent à évoluer, notamment en termes d’obligation d’affichage d’impacts, comme les différentes pressions, ajoutées à la reconnaissance du rôle prescriptif de la culture doivent nous amener à anticiper ces questionnements et à lancer notre transition au plus vite pour contribuer à la lutte contre la crise climatique.

    Le Périscope, porteur du projet de coopération européenne Footprints et le réseau AJC affirment ici leur volonté d’offrir au secteur une nouvelle méthodologie, impliquant tous les maillons de l’écosystème des musiques actuelles – producteur·rice·s, artistes, diffuseurs, pour réfléchir collectivement et faire avancer de manière concrète la transition bas carbone du monde du jazz. 

    Cette étude devra permettre dans un premier temps au secteur du jazz et des musiques improvisées de comprendre ses facteurs d’émission, puis d’examiner comment les réduire. Elle a pour visée de fixer un ensemble d’objectifs clairement définis et mesurables que le secteur dans son ensemble pourrait adopter afin de tenir son rôle dans le respect de l’Accord de Paris sur le changement climatique, grâce à une réflexion nationale nourrie de comparaisons à l’échelle européenne ainsi qu’un regard équilibré sur le secteur de la diffusion du jazz en France et en Europe.

    Un échantillon de lieux et festivals qui représente la diversité de notre secteur

    Pour mener cette étude à bien, AJC a fait appel à la Société de Conseil ANOVA, spécialisée en environnement et en développement durable – RSE. Avec la contribution du Périscope, relais local du projet, ont été définis le périmètre de l’étude ainsi qu’un panel le plus représentatif possible du secteur de la diffusion des musiques jazz et improvisées en France et en Europe, parmi les membres du réseau et leurs partenaires européens.

    L’échantillon est constitué de :

    • 4 lieux (salles de tailles moyenne à grande) et 5 festivals (de capacités petite à moyenne)
    • 7 structures françaises et 2 structures européennes (Norvège et Pays-Bas)
    • 4 structures en zone rurale et 5 en milieu urbain ou péri-urbain
    •  

    Il sera fait référence aux lieux et festivals par l’utilisation de la lettre (de A à I) leur correspondant dans ce tableau.

    L’année de référence choisie est l’année 2019. En effet, suite aux conséquences de la crise sanitaire depuis mars 2020, elle représente jusqu’alors la dernière année d’activité et de fréquentation « normales » pour les structures, et permet donc d’extraire des données relativement fidèles à une exploitation habituelle.

    Une méthodologie qui prend en compte la particularité de nos activités ; notamment les déplacements de notre public et les tournées des artistes programmé·e·s

    La méthodologie bilan carbone, publiée par l’ADEME en 2004, permet de mesurer les émissions de gaz à effet de serre (GES), c’est-à-dire l’impact sur le changement climatique de toute structure. Elle prend en compte l’ensemble des gaz à effet de serre définis par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour l’ensemble de ses flux, et ses champs d’application sont divisés en 3 catégories d’émissions appelées scopes 1, 2 et 3. La fonctionnalité de l’outil bilan carbone et sa relative flexibilité permettent ainsi de pouvoir l’adapter aux spécificités propres à nos secteurs d’activité.

    La première phase de notre travail de méthodologie a ainsi consisté à lister et à examiner l’ensemble des sujets qui touchent de près ou de loin notre secteur, en fonction des différents scopes décrits ci-dessous, pour ensuite en écarter certains peu pertinents. C’est ainsi que, du fait de leur impact négligeable en termes d’impact carbone, les intrants comme les papiers et les activités numériques (mails, internet…) ont été considérés comme trop faibles pour être comptabilisés.

    Cette phase a permis de mettre le doigt sur certaines difficultés et d’assumer certains choix afin d’être le plus cohérent possible. Il a, par exemple, été compliqué d’intégrer le bâti et son immobilisation dans le cas des festivals qui pour la grande majorité n’ont pas de lieux. A l’inverse, l’ensemble de l’écosystème a été comptabilisé pour les « lieux” répondant à l’étude, ce qui n’autorise pas de comparaisons directes entre les deux types de diffuseurs.

    Un fichier de collecte a ensuite été créé, pour guider les salles et festivals dans la récupération des données de la manière la plus coordonnée et cohérente possible, sous la forme d’un questionnaire à remplir avec données cumulées pour 2019, l’année de référence :

    • Achats d’électricité, de gaz naturel
    • – Estimation de la consommation papiers / cartons, des repas distribués et de l’activité numérique
    • – Estimation des différents déplacements (publics en saison, publics hors saison, artistes, équipes régulières, bénévoles, visiteurs, fret amont / aval)
    • – Bilan des immobilisations au 31 décembre : bâtiments détenus (salles A, B et C) + parc informatique
    Déplacement des artistes : une grande précision de la mesure pour un enjeu essentiel des différents projets

    En ce qui concerne le déplacement des artistes, un outil de calcul a été créé, permettant de recenser tous les déplacements pour chaque date de concert programmé :

    La formule de calcul (à calculer séparément pour chaque moyen de transport, en cas de modes hybrides au sein de l’équipe), permet l’addition de 2 types de déplacements :

    • – Le trajet aller-retour depuis la ville d’origine : Nombre d’artistes x distance A/R estimée / nombre d’étapes sur la tournée
    • – Les déplacements entre les étapes de tournée : Nombre d’artistes x distance moyenne estimée entre 2 étapes
    Déplacement des publics : une analyse statistique au plus proche de la réalité des territoires
    • En ce qui concerne le déplacement des publics, un outil de calcul de distances recensant tous les déplacements pour chaque typologie de déplacement (urbain, régional, national, international) a également été transmis aux structures participant à l’étude. La méthode de calcul, pour chaque typologie de déplacement, permet de déterminer :
    • La distance moyenne parcourue par typologie de déplacement
    • – La part modale, c’est-à-dire la part prise par les différents modes de transports (marche, vélo, bus, métro, TER, train, TGV, voiture…), en % des km parcourus
    • – Le calcul par mode de transport et par typologie de déplacement : nombre de spectateurs * distance moyenne parcourue * % de part modale = nombre de passagers.km

    Il est à noter ici que malgré la feuille de collecte de données et leur vérification, il demeure une part d’incertitude sur les distances totales calculées, liées à deux facteurs principaux :

    • – Incertitude sur la distance moyenne par typologie de déplacement : données statistiques ou estimations par les différentes salles/festivals
    • – Incertitude sur la part modale par typologie de déplacement (données statistiques ou estimations par les différentes salles/festivals)

    Cet aspect souligne l’importance de mener des études de la mobilité des publics, par site ou typologie de site, et ce afin de pouvoir affiner les données, et donc les émissions qui leur sont liées.

     

    Une fois l’ensemble des données recueillies, un temps de l’étude a ensuite été consacré à la vérification des données, pour ensuite être traitées et pouvoir procéder au calcul des résultats. Le calcul du bilan GES a donc ensuite été effectué, à l’aide de la feuille de calcul de l’Association Bilan Carbone v8 (2020), prenant en compte les facteurs d’émission (coefficients permettant de convertir les données d’activité en émissions de GES) 2018-19iii. Ce travail préparatoire a été réalisé entre avril 2021 et novembre 2021.

    C’est cette phase initiale et les échanges réalisés entre décembre 2021 et aujourd’hui qui font toute la richesse de ce type d’étude partagée : comprendre une problématique en mettant en lumière les différentes réalités et obtenir la mesure des choses.

    Les bilans carbone des différents festivals et salles nous permettent d’observer de grandes disparités entre les sites. Pour l’année 2019, celui-ci varie de 39t CO2eq pour un festival itinérant en milieu rural à 546t CO2eq pour une salle en milieu urbain.

    En moyenne, les sites français étudiés ont un bilan d’environ 100t CO2eq, ce qui reste un niveau relativement faible d’émissions. À titre de comparaison, depuis la dernière mise à jour d’octobre 2021 par le Ministère de la Transition écologiqueiv, l’empreinte carbone moyenne en France en 2019 – dernière année de calcul avant le COVID-19 – s’élève à 9,0 tonnes de CO2eq par personne.

    La moyenne des sites européens s’élève à 430 t CO2eq, soit environ 4 fois plus que les sites français. Cette différence s’explique en partie par la part peu carbonée du mix électrique en France. En effet, si le recours au nucléaire présente d’autres enjeux environnementaux, il n’est que très peu émetteur de carbone, contrairement au mix énergétique d’autres pays européens, dont la Norvège et les Pays-Bas, qui dépend encore beaucoup des énergies fossiles (gaz naturel, pétrole, charbon) et est donc fortement émetteur. Les sites européens observés ont également un grand nombre d’événements et de spectateur·rice·s, et les déplacements de ces dernier·e·s en voiture et des artistes en avion impactent fortement leur bilan. Si les Pays-Bas sont très bien desservis par les réseaux ferrés, les liaisons avec la Norvège se font plus en avion, et la taille du pays induit de longues distances à parcourir.

    Une fois les valeurs brutes énoncées, il est pertinent de les ramener à une unité de référence commune à tous, et ce afin de pouvoir amener quelques premiers éléments de comparaison. Trois référentiels ont été choisis : le budget annuel, le nombre de jours d’activité et le nombre de spectacles. D’autres normalisations sont également possiblesv.

    Les sites les plus impactant sont ceux pour lesquels on observe le plus de déplacements en voiture des publics, ou le moins de jours d’exploitation. On n’observe en revanche pas de proportionnalité directe entre le budget annuel d’une structure et son bilan carbone : son intensité varie entre 0,1 et 0,4 t CO2eq par k€ de budget.

    Les 4 salles observées ont en moyenne un bilan carbone de 236t CO2eq, avec les répartitions suivantes pour chacune d’entre elles :

    Pour les lieux, on observe un impact majeur des déplacements (principalement des publics par la route et des artistes en avion). Les immobilisations, qui incluent celles du bâti et dont le calcul est basé sur les travaux réalisés sur les 20 dernières années, ont également une part importante. Les intrants en revanche (repas, papiers et activités numériques principalement) ne représentent qu’une part infime des bilans.

    Les 4 festivals observés ont en moyenne un bilan carbone de 118t CO2eq, avec les répartitions suivantes pour chacun d’entre eux :

    Pour les festivals, on observe également sans surprise un impact majeur des déplacements, principalement des publics en voiture. L’impact de l’énergie 1+2 est relativement faible, car les données n’étaient pas disponibles pour le festival norvégien, et que les autres festivals fonctionnent en 100% électrique (mix fortement décarboné, comme mentionné précédemment). Les impacts hors énergie ne s’appliquent pas à cette typologie de sites. Les impacts des intrants restent relativement mineurs (ils concernent à 62% l’alimentation, à 31% le papier et à 7% les activités numériques). Les immobilisations ne concernent quant à elles que le matériel informatique.

     

    Sans que cela ne mette en opposition les lieux et les festivals, ce dernier point souligne l’impact du bâti, car cette question est très importante pour les lieux, et par ricochet pour leur impact énergétique.

    Pour les lieux français, l’immobilisation compte en moyenne pour 19% du bilan.

    L’analyse demande donc à être complétée du côté des festivals, avec une collecte de données à affiner sur les bâtiments dont ils font usage.

    Sans surprise, les déplacements se retrouvent au cœur de cette collecte et constituent, comme c’est majoritairement le cas pour les festivals et lieux de diffusion du secteur musical, la plus grande source d’émission de nos activités. En moyenne, ils représentent 83 % des bilans carbone de l’étude (69% pour les salles, 94% pour les festivals).

    Il est cependant très important de distinguer le déplacement des artistes de celui des publics pour correctement estimer les impacts et activer les leviers adéquats, tout en préservant le cœur de l’activité. La question de la contextualisation, notamment autour des « zones blanches » et du report modal, est cruciale lorsque l’on observe le panel en milieu rural.

    Le déplacement des artistes (comprenant également les professionnel·le·s et voyages des professionnel·le·s salarié·e·s) représente 27 % du total des déplacements. 67 % des déplacements sont dus aux publics et 6 % concernent les déplacements des salariés entre leur domicile et leur travail.

    En milieu rural, le déplacement des publics couvre 74 % des déplacements totaux (effectués majoritairement en voiture), contre 17 % pour les artistes et 9 % pour les trajets domicile-travail. En milieu urbain, 62 % des déplacements sont dus aux publics, 34 % aux artistes, et 4 % restent encore dus aux trajets domicile-travail.

    Le comparatif des émissions des modes de transports proposé par l’ADEME, notamment pour comparer l’impact de l’avion par rapport à la voiture et au train, permet de comprendre le fort impact de l’aérien sur une étude comme la nôtre.

     

    Et si la voiture domine les déplacements des publics, l’avion domine celui des artistes, à l’exception de l’Estran (peu d’artistes internationaux en 2019).

    Certaines salles et festivals étant très éloignés des infrastructures de transports en commun, le report modal de l’avion ou de la voiture vers le train est donc souvent impossible ou très difficile.

    Des moyens d’actions et des études à poursuivre

    Cette première étude souligne les besoins qui persistent en termes de recueil de données, et d’affinage de celles-ci.

    Elle permet d’esquisser quelques pistes de travail et de leviers d’actions :

      • Les salles, les festivals et les producteur·rice·s peuvent agir collectivement sur la mobilité des artistes. En revanche, leurs moyens d’actions restent limités en ce qui concerne la mobilité des publics, le poste d’émission qui est le plus important. Les collectivités locales et les politiques publiques doivent agir dans ce sens pour accompagner la décarbonation du secteur.
      • Les diffuseurs disposent de différents leviers d’actions pour agir sur les entrées suivantes : publics, achats, énergie, artistes, alimentation. Ces mesures de décarbonation sont également présentées dans le rapport du Shift Project, avec des potentiels de réduction chiffrés.
    • Celles-ci offrent des pistes de travail intéressantes pour le secteur, même si elles ne sont pas toutes forcément adaptées à nos réalités de terrain, comme par exemple en ce qui concerne le fretvi.

    • Pour le réseau AJC et le Périscope, le travail de recueil et d’affinage de données doit être poursuivi, notamment autour des déplacements des publics (au travers d’études de mobilité), des utilisations de lieux par les festivals, et de l’alimentation.
    Des actions collectives pour les mondes du jazz et l’ensemble du secteur culturel

    Afin d’atteindre leurs objectifs de transition et d’opérer les transformations qu’elle requiert, les acteurs et actrices de l’écosystème musical vont être amené·e·s à modifier directement les pratiques dans leurs domaines respectifs. En travaillant collectivement, en cooperation avec des réseaux et organisations partenaires, grace aux ressources existantes,  l’objectif est de renforcer les démarches existantes et développer des plans d’action pour accompagner et mettre en œuvre la décarbonation du secteur. L’ensemble de l’écosystème a un rôle à jouer, dans un engagement des politiques publiques et des autorités locales à travailler en ce sens. Le rôle prescriptif de la culture, les expérimentations et la créativité qu’elle porte sont un atout indéniable qui doit être exploité, de concert avec la sortie du secteur de la pandémie.

    Ce travail partagé soulève des enjeux, connectés à un cadre politique que nous devons saisir collectivement  : 

            • – Approfondir la connexion entre la taille de nos équipements, les enjeux de proximité que nous portons avec les questions environnementales 
      • – Lier de manière plus prononcée écologie et économie sociétale aux questions culturelles afin de maîtriser nos coûts carbone pour maintenir une efficience sociétal/culturel essentielle aujourd’hui.

    Ces travaux engagés démontrent une nouvelle fois l’importance de l’observation afin d’établir des stratégies cohérentes. Il est aujourd’hui essentiel de connaître et d’assumer les aspects de nos projets et notamment leurs impacts écologiques. Et les lieux, les événements que nous portons, adaptés en taille, aux territoires, au maillage de ceux-ci, impliqués dans un partage de tournées, défendant la plus large diversité artistique et le partage de la musique avec le plus grand nombre, et au coût carbone relativement faible, nous paraissent aujourd’hui être une des solutions au respect de nos engagements écologiques.

    Gwendoleen Sharp

    [i] Le Périscope (FR) et International Jazz Platform (PL) ont également initié le Projet Footprints, financé par le programme Europe Créative, qui a pour objectif de travailler sur les dimensions écologiques, économiques et sociales des tournées en Europe

     [iii] Hypothèses principales :

    Electricité : mix français EDF 2019 ou mix national 2019 pour pays étrangers
    – Gaz naturel : mix moyen national (consommation)
    – Mix modal déplacements : hypothèses par salle ou chiffres officiels régionaux/nationaux (incertitude assez élevée)
    – Déplacements en voiture : voiture, motorisation moyenne 2018 France continentale
    – Déplacements en avion : avion long/court courrier, avec trainée, France continentale
    – Déplacements en train régionaux : TER 2019 Traction moyenne OU TGV France 2019
    – Immobilier : hypothèse bâtiment béton (amortissement 20 ans, ou 50 ans si spécifié) ou structure légère métallique (amortissement 5 ans)

    [v] Pour d’autres normalisations possibles, voir p.17 du document stratégie carbone du Périscope

    [vi] Voir le rapport du Shift Project « Décarboner la Culture », pp. 50 à 72

    Footprints est un projet financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Creative Europe
  • Jazzdor Series publie SEUILS

    Jazzdor Series publie SEUILS

    Jazzdor Series se consacre en 2022 aussi à l’édition, et publie SEUILS. Ce recueil de photographies se parcourt comme un album de famille qui met en lumière les connivences musicales du musicien-photographe François Corneloup à travers une galerie de portraits ponctuée par la prose vivace du producteur-artisan Jean Rochard.

    « Du temps arrêté où se forment nos regards, ces images approchent ces personnages entre ce qui est vécu et ce qui est à vivre, ce moment où l’œil est au seuil. » François Corneloup est musicien. Un de ces musiciens de la vitalité transformatrice, de ce que le jazz a pu offrir d’alchimies exigeantes, de travail fructueux, d’attention aux origines comme aux métamorphoses de l’inexploré. Un musicien doté d’une forte sensibilité de compagnonnage. Et d’un œil aussi. Sa passion photographique l’a conduit à saisir ses camarades de jeux aux endroits où on ne les voit pas. Dans l’attente, l’avant scène, il cadre leurs secrètes humeurs comme perceptibles emplacements successifs où se dessinent, se rejoignent et s’allient tendrement, autant de seuils de vie.

    François Corneloup sera présent en librairie pour un solo, suivi d’une séance de signatures :

    Avril 2022

    Vendredi 1er avril 2022
    Librairie du Contre-temps — 5, Cours Victor Hugo 33130 Bègles

    Vendredi 08 avril 22
    Salon Escale du Livre-Bordeaux en partenariat avec la Librairie Olympique
    Place Renaudel 33800 Bordeaux

    Samedi 09 avril 2022
    Librairie Texture — 94 avenue Jean Jaurès 75019 Paris

    Mai 2022

    Jeudi 12 mai 2022
    Disquaire Le Souffle continu — 22 Rue Gerbier, 75011 Paris

    Samedi 14 mai 2022
    Librairie musicale La Machine à Musique — 13-15 rue du Parlement Sainte Catherine 33000 Bordeaux