Dans nos musiques, les réponses aux défis quotidiens se trouvent rarement dans des manuels. Elles se construisent au contact de celles et ceux qui partagent les mêmes réalités. C’est de cette conviction qu’est né AJC Connecte. Pendant plusieurs jours, un·e salarié·e d’une structure membre d’AJC rejoint l’équipe d’un autre festival ou lieu membre du réseau pour partager son quotidien, observer ses méthodes de travail et échanger autour de problématiques communes.
Avec AJC Connecte, l’idée est simple : créer des espaces d’apprentissage entre pairs, au plus près des réalités du terrain. En quelques mois, une dizaine de professionnel·les ont déjà pris part à ces immersions. Toutes racontent la même chose : derrière la découverte de nouvelles pratiques, elles renforcent les liens entre les équipes, nourrissent les projets de chacun et donnent une réalité concrète à ce que signifie appartenir à un réseau.
Parmi les nombreux·ses professionnel·les déjà parti·es en immersion, trois nous ont partagé leur expérience :
• Zelda Pollard (Jazzdor) à Albi Jazz Festival, du 28 au 31 janvier, pour découvrir un festival multi-sites et ses différentes formes de rencontre avec les publics.
• Yoann Moreau (Le Petit Faucheux) à Jazz sous les Pommiers, du 12 au 14 mai, pour approfondir ses compétences en gestion administrative et budgétaire.
- • Dorian Tordi (Le Périscope) à JazzUS, du 15 au 18 juin, pour s’inspirer d’une structure poly-activité et de son ingénierie culturelle.
Pour ces trois participant·es, ces immersions ne se sont pas limitées à l’observation : elles ont donné lieu à de véritables échanges de pratiques, directement ancrés dans le quotidien des structures.
À Albi Jazz Festival, Zelda Pollard a notamment participé à deux ateliers du projet de médiation « Young Girls in the Band », autour du répertoire de Carla Bley.
“Les échanges avec Anthony, Eve et Rose m’ont permis de confronter nos expériences autour de problématiques communes : favoriser la mixité entre jeunes et adultes amateurs, encourager la participation des musiciennes ou encore adapter les arrangements à des effectifs et à des niveaux de pratique très variés.” — Zelda Pollard
Atelier de médiation Young Girl in the Band © Zelda pollard
De son côté, Yoann Moreau a pris part à plusieurs temps du festival Jazz sous les Pommiers : réunions d’équipe, rencontres professionnelles, bénévolat et découvertes artistiques. Il a notamment pu échanger avec les équipes administratives sur les outils numériques, la comptabilité et la gestion, tout en découvrant le rôle essentiel des plus de 500 bénévoles mobilisés chaque année.
Pour Dorian Tordi, cette immersion à JazzUS a été l’occasion de découvrir une structure poly-activité, d’échanger sur les enjeux d’organisation et de financement, mais aussi de créer des liens durables avec l’équipe accueillante.
“Un échange ressource, aussi bien pour moi que pour JazzUS, qui donne envie de rester en contact et d’envisager un “match retour” pour approfondir les sujets déjà abordés.” — Dorian Tordi
Dorian à Jazzus avec Gilles Gautier (le directeur)
Malgré la diversité des structures, les participant·es soulignent un même constat : les enseignements tirés de ces immersions peuvent nourrir concrètement leur propre pratique professionnelle.
Zelda Pollard a été inspirée par la convivialité du festival d’Albi, notamment la proximité des lieux de diffusion, les espaces de rencontre entre artistes, équipes et publics, ainsi que les propositions complémentaires comme la radio en direct, les projections de documentaires ou les concerts gratuits.
Yoann Moreau, quant à lui, a pu observer l’organisation de la production, de l’accueil artistique, de la logistique et de la billetterie lors d’un temps fort de fréquentation.
“Cette immersion a enrichi ma compréhension des réalités opérationnelles et administratives d’un festival de grande envergure, mettant en lumière des difficultés qui, malgré une différence d’échelle, présentent des similitudes avec celles auxquelles nous faisons face.” — Yoann Moreau
Au-delà des compétences acquises, AJC Connecte porte une ambition plus profonde : faire vivre le réseau à toutes les échelles. Trop souvent, les relations entre structures reposent essentiellement sur les directions. En ouvrant ces échanges à l’ensemble des équipes, le dispositif multiplie les points de contact, crée de nouvelles circulations de savoirs comme d’idées et de nouveaux liens entre membres d’AJC. Le réseau gagne en densité. Les liens ne se limitent plus aux directions : ils se créent aussi entre les salariés et bénévoles, au fil des métiers que portent nos adhérents.
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