Catégorie : Politique

  • LETTRE OUVERTE – Dégel des crédits culturels et vigilance pour l’avenir

    LETTRE OUVERTE – Dégel des crédits culturels et vigilance pour l’avenir

    AJC est signataire d’une nouvelle lettre du SYNDEAC, adressée au Président de la République aux côtés de 15 autres organisations représentatives du secteur culturel.

    Ce courrier fait suite à celui du 3 juillet, à l’origine du dégel des crédits culturels annoncé le 21 juillet par la ministre de la Culture, obtenu grâce à la mobilisation portée par le SYNDEAC et à la mobilisation du secteur — une décision qui évite à court terme fermetures de lieux, reports de saisons et annulations de productions, de résidences et de tournées.

    Mais ce dégel ne suffit pas. De nombreuses structures ont déjà subi des réductions importantes de leurs financements, et le PLF 2027 se prépare. Le SYNDEAC et les organisations signataires appellent donc l’État à donner au secteur des perspectives pluriannuelles et une visibilité à la hauteur des enjeux, en réaffirmant trois demandes :

    • la création d’une cellule de crise interministérielle ;
    • une conférence permanente réunissant État, collectivités territoriales et organisations représentatives du secteur culturel ;
    • un plan national de refinancement du service public de la culture.

    Monsieur le Président de la République,

    Par un courrier en date du 3 juillet 2026, nous vous avons alerté sur les conséquences irréversibles des annulations de crédits envisagées pour le service public de la culture.

    Les mobilisations convergentes des organisations professionnelles, des équipes artistiques, des directions d’institutions, des festivals, ainsi que les prises de paroles inédites de nombreux élus locaux de tous bords ont ponctué ces dernières semaines.

    La ministre de la Culture a annoncé le 21 juillet le dégel des crédits concernés et nous l’en remercions. En effet, cette décision répond en partie aux inquiétudes que nous avions formulées : à court terme, ce dégel permet d’éviter des fermetures de lieux, des reports de saisons, l’annulation de productions, de résidences et de tournées, et contribue à préserver l’emploi artistique et technique. Nous espérons que cette prise de conscience de telles conséquences perdurera au-delà de 2026.

    Elle ne doit toutefois pas faire oublier que de nombreuses autres structures culturelles ont déjà subi cette année des réductions parfois très importantes de leurs financements, sans qu’aucune mesure comparable ne vienne en atténuer les effets. Cette réalité renforce l’urgence de donner au secteur des perspectives durables et une visibilité à la hauteur des enjeux.

    Car, à ce stade, aucun engagement n’a été pris au-delà de l’exercice en cours, en particulier en vue du projet de loi de finances pour 2027. Or, les décisions prises aujourd’hui conditionnent dès à présent la capacité des structures à programmer, coproduire, engager des équipes, et à maintenir un maillage culturel équilibré sur l’ensemble du territoire.

    Cet équilibre a déjà été largement mis à mal ces dernières années pour nombre de structures dont la capacité d’adaptation atteint ses limites, tout particulièrement pour les équipes artistiques, mais aussi les festivals et scènes de territoire. C’est pourquoi nous souhaitons, par ce nouveau courrier, réaffirmer la nécessité pour l’État d’affirmer une vision claire pour le service public de la culture. A ce titre, les demandes formulées le 3 juillet dernier demeurent pleinement d’actualité :

    • la création d’une “cellule de crise interministérielle”, capable de prendre en compte la dimension transversale de la politique culturelle (éducation, cohésion des territoires, emploi, économie, justice, tourisme, etc.) ;
    • la mise en place d’une “conférence permanente réunissant l’État, les collectivités territoriales et les organisations représentatives du secteur culturel”, afin de construire une stratégie partagée, à la hauteur de l’implication financière des collectivités et des enjeux de cohésion sociale ;
    • l’élaboration d’un “plan national de refinancement du service public de la culture”, permettant de sortir de la gestion au coup par coup et de redonner de la visibilité aux institutions comme aux équipes indépendantes.


    Nous restons convaincus que la période qui s’ouvre, marquée par la préparation de la loi de finances 2027 dans un contexte politique et budgétaire incertain, appelle des signaux forts de l’État. Sans perspectives pluriannuelles ni consolidation des moyens, les équipes artistiques, festivals de territoire, lieux de création, de production et de diffusion et projets d’éducation artistique et culturelle continueront de se trouver en situation de survie, au détriment de l’emploi, de la diversité artistique et de l’accès de toutes et tous à la culture.

    Nous réitérons notre entière disponibilité pour contribuer à ces travaux, dans un esprit de responsabilité et de co-construction avec l’État et les collectivités territoriales. La vitalité exceptionnelle des publics, la densité du tissu culturel français et l’engagement des artistes et des équipes appellent aujourd’hui des réponses à la hauteur de ce qui constitue un défi historique.

    Tout mandat présidentiel lègue un héritage. Vos décisions des prochains mois seront à n’en pas douter déterminantes pour signifier ou non le rôle de la culture dans notre société et la place que vous lui aurez attribuée.

    En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente et dans l’attente de la confirmation de vos engagements relatifs à la pérennité de l’effort public en faveur de la culture, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.

    Organisations signataires : 

    AJC – le réseau de la diffusion du jazz en France et en Europe 
    Association des Centres chorégraphiques nationaux – ACCN 
    Association des Centres de développement chorégraphique nationaux – A-CDCN 
    Association des Centres dramatiques nationaux – ACDN 
    Association des Centres nationaux de création musicale – a/CNCM 
    Association des Centres nationaux des arts de la rue et de l’espace public – A-CNAREP 
    Association des Scènes Nationales – ASN 
    Association française des orchestres – AFO 
    Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés – FEVIS 
    France Festivals – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant 
    Futurs Composés – réseau national de la création musicale 
    Les Forces Musicales – Syndicat professionnel des opéras, orchestres et festivals d’art lyrique 
    Réseau Européen de Musique Ancienne – REMA 
    Réunion des Opéras de France – ROF 
    Scène Ensemble – organisation professionnelle des arts de la représentation 
    Syndeac – Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles 
    Territoires de Cirque

  • Financements DRAC 2026

    Financements DRAC 2026

    Au-delà des débats sur le niveau global des financements publics, AJC, en tant que réseau professionnel et observatoire de terrain, a souhaité documenter la manière dont les arbitrages budgétaires 2026 se traduisent concrètement pour les structures de diffusion du jazz et des musiques improvisées. Les résultats de l’enquête menée récemment auprès du réseau AJC dessinent ainsi un paysage contrasté mais préoccupant. L’évolution médiane des financements DRAC observée entre 2025 et 2026 s’établit à -2,6 %, tandis que la baisse moyenne atteint -22,9 %, révélant des écarts importants entre les structures.

    Les données montrent que les structures bénéficiant d’un label ou d’un conventionnement apparaissent globalement mieux préservées. Celles-ci enregistrent une évolution médiane nulle et une baisse moyenne de 11 %. À l’inverse, les structures non labellisées affichent une baisse médiane de 10 % et une baisse moyenne de 31 %.
    Le même constat apparaît entre lieux et festivals. Les lieux connaissent une évolution médiane de -2 % et une baisse moyenne de 16 %, contre respectivement -5 % et -27 % pour les festivals.
    Enfin, les structures dont le budget dépasse 800 000 € présentent une évolution médiane nulle et une baisse moyenne de 5 %. Pour les structures dont le budget est inférieur à 800 000 €, la baisse médiane atteint 17 % et la baisse moyenne près de 40 %.

    Le principal enseignement de cette enquête n’est donc pas tant celui d’une baisse généralisée que celui d’une polarisation croissante du secteur, qui fragilise en priorité les structures les moins protégées et met à mal la complémentarité du maillage territorial culturel. Partout sur les territoires, nos festivals, nos lieux portent des missions essentielles : accompagnement d’artistes, résidences, diffusion, médiation, coopération, action culturelle, soutien à l’émergence ou encore développement de nouveaux projets, en dehors des dispositifs de labellisation ou de conventionnement. Or ce sont précisément ces missions qui apparaissent aujourd’hui les plus exposées.
    Les réponses recueillies montrent d’ailleurs que ce sont précisément ces engagements qui apparaissent aujourd’hui les plus fragilisés, dans un contexte où nos adhérents font également face à une diminution des financements des collectivités territoriales. Ces diminutions concernent des montants qui peuvent sembler modestes à l’échelle des budgets publics. Elles produisent pourtant des effets immédiats sur la capacité de diffusion, d’accompagnement et de présence artistique dans les territoires et font craindre pour la survie de plusieurs structures.

    Plus que jamais, ces constats appellent à un dialogue renforcé entre services de l’État, collectivités territoriales et acteurs professionnels afin que les choix budgétaires puissent être compris, discutés et assumés collectivement. Car l’enjeu n’est pas seulement celui de la pérennité de certaines structures ; il est celui de la capacité de nos territoires à continuer d’accueillir une création diverse, exigeante et accessible, à l’image de ce que portent les adhérents AJC depuis si longtemps..

    Le Manifeste pour une politique culturelle de l’artisanat musical, de la diversité et du commun rappelait récemment que la vitalité culturelle repose non seulement sur les équipements et les institutions, mais également sur un tissu dense d’acteurs qui produisent de la coopération, de la proximité et de la diversité à l’échelle des territoires. Les résultats de cette enquête confirment la fragilité croissante de cet écosystème et la nécessité d’une attention particulière aux structures intermédiaires et indépendantes. Si l’effort budgétaire demandé aux politiques publiques peut être une réalité, sa répartition n’est pas sans conséquence. Les données recueillies invitent à une vigilance particulière quant à ses effets sur les acteurs les plus fragiles, ceux qui assurent pourtant une part essentielle de la diffusion, de l’accompagnement des artistes et de la vitalité culturelle des territoires.

  • COMMUNIQUÉ — JAZZ À VAUVERT

    COMMUNIQUÉ — JAZZ À VAUVERT

    L’annulation du festival Jazz à Vauvert par la nouvelle municipalité, à quelques semaines de son ouverture, constitue un signal alarmant pour l’ensemble du secteur.

    AJC et Occijazz apportent tout leur soutien à leur adhérent, l’association Jazz à Junas, qui a su, avec détermination et réactivité, maintenir le festival dans la ville voisine de Vergèze. Cette relocalisation forcée démontre, s’il le fallait encore, la solidité, la pertinence et l’utilité réelle du tel projet dans l’écosystème local, ainsi que la reconnaissance de sa valeur par d’autres collectivités.

    Au-delà de cette situation locale, cette décision pose des questions de fond.

    Elle remet en cause un principe essentiel : la liberté de programmation. Le travail des structures de diffusion repose sur une indispensable indépendance. Conditionner le soutien public à une reprise en main politique des contenus constitue une ligne rouge pour l’ensemble de la filière.

    Elle traduit également une vision réductrice et erronée de la place des festivals dans les territoires. Non, un festival ne se résume pas à des “recettes directes” pour une ville. Il génère des retombées économiques, sociales et culturelles largement documentées : fréquentation accrue des commerces, attractivité territoriale, emploi local, dynamisation des réseaux éducatifs comme associatifs. À cela s’ajoute l’essentiel : une vie culturelle forte, partagée et ancrée dans les territoires.

    Le calendrier de cette décision, enfin, interroge fortement et témoigne d’une méconnaissance du travail engagé et de la responsabilité collective qu’implique l’organisation d’un tel projet.

    Le jazz, comme d’autres musiques issues d’histoires de luttes et d’émancipation, porte en lui des valeurs de liberté, de circulation et de dialogue. Les projets que nous défendons au sein d’AJC et d’Occijazz reposent précisément sur ces dynamiques de coopération et le travail mené par Jazz à Junas à Vauvert comme ailleurs sur le territoire en est un magnifique exemple.

    Ce qui se joue aujourd’hui à Vauvert n’est pas un cas isolé. D’autres situations similaires émergeront dans les mois à venir. Il est de notre responsabilité collective de rester vigilants et solidaires, face à toute remise en cause de ces principes.

    AJC et Occijazz réaffirment ainsi leur engagement aux côtés de leurs membres et de l’ensemble des acteurs qui œuvrent, partout sur les territoires, pour des cultures ouvertes, plurielles, indépendantes et partagées.

    Contacts :

    AJC • Antoine Bos • antoinebos@ajc-jazz.eu

    Occijazz • Christine Dumons • Ségolène Alexcoordination@occijazz.fr

  • FONPEPS : un levier essentiel pour la création musicale

    FONPEPS : un levier essentiel pour la création musicale

    Une enquête menée auprès du réseau AJC met en lumière le rôle central du FONPEPS dans l’économie de nos diffuseurs. Une large majorité des répondants y a eu recours au moins une fois ces dernières années, confirmant l’importance d’un tel dispositif pour soutenir l’activité artistique.

    En 2024, le montant moyen s’élève à 4 516 €, pour une médiane de 2 006 €. En 2025, la moyenne atteint 4 221 €, avec une médiane de 2 599 €. Si le FONPEPS représente le plus souvent une part limitée du budget global, son impact est nettement plus marqué sur le budget artistique : fréquemment entre 5 % et 15 %, avec une moyenne de 4,5 % et une médiane de 3 %, soulignant encore plus la fragilité des budgets artistiques des structures de diffusion aujourd’hui.

    Ce soutien agit comme un véritable levier de faisabilité. Il conditionne le nombre de projets réalisés, la taille des plateaux artistiques et le volume de concerts programmés. À l’approche de la réforme annoncée pour 2026, les inquiétudes sont fortes et convergent vers une baisse du nombre de dates, une réduction du nombre d’artistes programmés et une diminution de la prise de risque artistique. Les projets les plus fragiles, les moins accompagnés et les plus jeunes pourraient être les premiers impactés, au risque de renforcer des déséquilibres déjà évidents au sein de la création.

    Concernant l’emploi permanent, les effets restent pour l’instant limités, notamment parce que peu de structures atteignent le plafond annuel du dispositif. Néanmoins, près de 250 000 € d’aides à l’emploi permanent sont concernés. La réforme est ainsi perçue comme un facteur de fragilisation à moyen terme, avec le risque d’une érosion progressive de modèles économiques autour de l’emploi déjà tendus.

    Cette enquête rappelle que le FONPEPS ne constitue pas une aide marginale, mais bien un outil structurant pour la vitalité et la diversité de la création musicale et que cette réforme est une nouvelle source d’inquiétudes et d’incertitudes pour le champ de la diffusion musicale.

  • Mobilisation et Coopération Arts et Culture

    Mobilisation et Coopération Arts et Culture

    Relance de la MCAC : déclaration d’intention

    En mars 2020, la « Mobilisation et Coopération Arts et Culture » (MCAC) était lancée par une quarantaine d’organisations du champ des arts et de la culture pour accompagner le secteur culturel, notamment de l’Économie sociale et solidaire (ESS), dans sa gestion de la crise COVID.

    Espace d’interconnaissance, de partage d’information, d’accompagnement et de ressources, de prises de positions, de plaidoyer et de préconisations politiques, la MCAC, entretenue par cette quarantaine de réseaux, fédérations et organisations professionnelles, et coordonnée par l’UFISC, a joué un rôle certain dans cette période, notamment en termes d’orientation des politiques publiques.

    Aujourd’hui, le secteur culturel est à nouveau confronté à une double crise majeure, d’une part austéritaire et d’autre part réactionnaire, qui impacte plus largement l’ensemble du champ associatif et de l’ESS : la solidarité internationale, l’éducation populaire, le social, la santé, le sport, les droits des femmes, l’insertion par l’activité, l’environnement et bien d’autres champs encore… Pour autant, elle est cette fois la conséquence de choix budgétaires et politiques et non pas de l’irruption soudaine et subie d’un virus. Ces choix peuvent et doivent être discutés, mis en débat, combattus, transformés. Ils nous exhortent à anticiper des capacités d’actions collectives et transsectorielles à court, moyen et long terme.

    En effet, partout, les coupes budgétaires se multiplient et ébranlent le tissu artistique et culturel de proximité et ses milliers d’initiatives privées citoyennes sur les territoires. La programmation financière faite par le gouvernement pour 2025 taille largement dans le budget du ministère de la Culture. L’action culturelle et l’éducation artistique et culturelle, garantes de la participation de toutes et tous à la vie culturelle, sont les premières touchées. L’année 2026 s’annonce encore plus catastrophique, Bercy contraignant à considérer 2025 comme un plafond et à diminuer tous les budgets ministériels (voir à ce sujet la circulaire du 3 avril 2025 du ministère de l’Économie). Le tissu artistique et culturel de proximité sera sacrifié sur l’autel de la dette, au côté de l’ensemble du champ associatif et de l’ESS.

    Sur les territoires, les perspectives budgétaires, qu’elles soient la conséquence de choix politiques déterminés ou de baisses de dotations subies, sont tout aussi désastreuses. La coupe monstrueuse et idéologique contre les structures associatives d’intérêt général opérée par la région Pays-de-la-Loire est l’arbre qui cache la forêt. Une large majorité de régions affichent un budget culture en baisse. Par dizaines, des départements font état de diminutions plus ou moins drastiques de leurs crédits culture, à l’instar de nombreuses villes et intercommunalités.

    Par effet domino, les structures les plus fragiles sont les plus touchées. La situation constitue un véritable plan social à bas bruit, qui amenuise la capacité de mise en œuvre des droits culturels des personnes. Les coupes, tout aussi violentes dans bien d’autres domaines, sont couplées à des menaces croissantes contre la démocratie et les droits humains fondamentaux. Les atteintes aux libertés associatives et de création, pourtant essentielles, se multiplient. Alors que les repères sont bouleversés et que les défis existentiels obligent à revoir nos modes de vie, spécialement face aux bouleversements climatiques, les initiatives citoyennes, forces de transformation et de pouvoir d’agir, sont fortement précarisées.

    Et cela dans un contexte global de puissante montée des idées de l’extrême droite. Où les volontés réactionnaires, porteuses du conservatisme, de l’autoritarisme et de la pensée de l’inégalité qui les constituent, dévoilent leurs attaques contre les services publics et le champ de l’intérêt général en France, en Europe ou à l’international. Où le capitalisme de plus en plus financiarisé et malade d’une course aux profits et à la croissance sans limite, poursuit sa volonté de faire du champ associatif un simple attribut du marché.

    Nous l’affirmons : ce champ de l’intérêt général est crucial pour défendre l’exercice des droits humains et contribuer au lien social.

    Face à cet état de fait, il nous faut réagir et porter haut et fort la défense de la diversité artistique et culturelle et des droits humains fondamentaux, notamment culturels, et le renforcement du service public et du champ de l’intérêt général comme un commun à coconstruire, porteur de libertés, d’égalité, de fraternité et de sororité. Nous devons réaffirmer que c’est la multitude des forces citoyennes, ancrées dans tous les territoires, que nous représentons ou défendons (dont plus de 340 000 associations culturelles, aux côtés d’innombrables autres initiatives d’utilité sociale) qui permet d’agir et de prendre soin des relations, de créer des espaces de culture, de débat et de solidarités, de soutenir les luttes contre les restrictions de libertés et pour la défense des droits fondamentaux, de consolider la démocratie en actes. Plus que jamais, il nous faut renforcer les coopérations, construire des solidarités et mener la bataille culturelle.

    C’est ce que nous souhaitons porter à travers la « Mobilisation et Coopération Arts et Culture » relancée en avril dernier. Nous sommes déjà près de 50 organisations collectives se reconnaissant dans ces valeurs et partageant ce désir d’agir, nourries de toutes les forces citoyennes qui les constituent : équipes artistiques, lieux associatifs, lieux intermédiaires, structures d’accompagnement, espaces de pratiques et écoles, radios, médias, festivals, collectifs…

    Nous invitons celles et ceux qui se reconnaîtront dans cette initiative à rejoindre la mobilisation et participer à nos actions.

    Nous nous engageons à :

    • Nous mobiliser pour d’autres politiques et arbitrages budgétaires et une ambition pour la diversité et la solidarité ;
    • Coproduire de l’analyse partagée à partir des remontées et observations de terrain et du travail prospectif afin d’en tirer des enseignements pour des propositions à court et long terme ;
    • Activer des actions de solidarités, d’appui et d’accompagnement par nos réseaux ;
    • Participer aux mobilisations sectorielles et intersectorielles, invitant à une convergence des luttes pour la défense des droits fondamentaux.

    D’autres choix sont possibles, d’autres voies restent ouvertes, un autre avenir est à portée de mains !

     

    Communiqué du 19 mai 2025,
    la Mobilisation et Coopération Arts et Culture – MCAC 2025


    Les signataires

    • AJC – Réseau de la diffusion du jazz en France et en Europe
    • ALiiCe – Association des Lieux intermédiaires et indépendants du Centre-Val de Loire
    • CAC – Collectif des Associations Citoyennes
    • Chorégraphes Associé.e.s – Syndicat des auteurs chorégraphes
    • CIPAC – Fédération des professionnels de l’art contemporain
    • CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants
    • CNFR- Confédération Nationale des Foyers Ruraux
    • CNRA – Confédération Nationale des Radios Associatives
    • Collectif Musiques et Danses du Monde en Île-de-France
    • COMBO 95 – réseau des musiques actuelles en Val d’Oise
    • COOP Culture – Réseau des Coopératives d’Activité et d’Emploi Culture
    • Culture Bar-Bars – Fédération Nationale des Cafés et Clubs Cultures
    • FAMDT – Fédération des acteurs et Actrices des Musiques et Danses Traditionnelles
    • FEDELIMA – Fédération des lieux de musiques actuelles
    • Fédération de l’Art Urbain
    • FEMA – fédération des musiques actuelles de Bourgogne-Franche-Comté
    • FERAROCK – Fédération des radios associatives de découverte musicale
    • FéRue – Fédération des arts de la rue en Île-de-France
    • FNAR – Fédération nationale des arts de la rue
    • FNEIJMA – Fédération Nationale des Écoles d’Influence Jazz et Musiques Actuelles
    • FNGEC – Fédération Nationale des Groupements d’Employeurs Culture
    • FRAAP – Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens et plasticiennes
    • FRACAMA – Fédération et Pôle Musiques Actuelles Région Centre-Val de Loire
    • France Festivals – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant
    • Futurs Composés – Réseau national de la création musicale
    • Grands Formats – Fédération nationale des grands ensembles et collectifs d’artistes de jazz et de musiques improvisées
    • HAUTE FIDÉLITÉ – Pôle régional des musiques actuelles Hauts-de-France
    • IASTAR – RADIO CAMPUS FRANCE – Fédération nationale de radios associatives d’initiative étudiante
    • Le Pôle de coopération pour la filière musicale en Pays de la Loire
    • Les Allumés du Jazz
    • Les Locales – Union des représentations nationales des radios associatives crée par la CNRA et le SNRL
    • Les Localos – Association nationale de développement local
    • Métiers Culture – Coopération des acteur·rices de l’emploi, de la formation et de la culture en région Centre-Val de Loire
    • OCTOPUS – Fédération des musiques actuelles en Occitanie
    • Opale – Pôle ressources « Culture & ESS »
    • PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en Région Sud & Corse
    • RamDam – réseau national des musiques jeune public
    • RIF – Réseau des musiques actuelles en Île-de-France
    • RIM – Réseau des Indépendants de la Musique
    • RNCAP – Réseau National du Conte et des Arts de la Parole
    • Seize Mille – réseau art contemporain Bourgogne – Franche-Comté
    • SMA – Syndicat des Musiques Actuelles
    • SNRL – Syndicat National des Radios Libres
    • SUPERMAB – Espace de coopération pour les musiques actuelles en Bretagne
    • THEMAA – Association nationale des théâtres de marionnettes et des arts associés
    • UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles
    • Zone Franche, le réseau des Musiques du Monde
  • Communiqué – Alerte sur la diversité artistique et culturelle !

    Communiqué – Alerte sur la diversité artistique et culturelle !

    La politique du gouvernement se fera-t-elle avec ou contre la culture dans les territoires ?

    Mardi 14 janvier, la ministre a présidé le CNPS et a assuré aux organisations présentes et aux représentant·es de collectivités territoriales qu’elle maintiendrait le budget du ministère de la culture. L’UFISC l’a alors interpellée sur le fléchage de ce budget vers les structures les plus fragiles, appelant à une politique culturelle de la diversité et de la solidarité !

    Vendredi 17 janvier, vive incompréhension face à un amendement gouvernemental qui réduit les budgets du ministère de la culture de 41 millions d’euros pour la création artistique et 33 millions pour la délégation aux territoires et à la démocratie culturelle ! Est-ce une nouvelle baisse qui ferait suite à l’amputation de 200 millions d’euros du budget de la culture de 2024 décidé par décret gouvernemental ? Quelle lecture faut-il avoir de ces diminutions alors que la ministre annonce parallèlement la création d’un fonds d’urgence ?

    Nous souhaitons une véritable ambition pour la diversité artistique et culturelle. Lors de son discours en CNPS, la ministre a paru remettre en cause la hauteur des financements du FONPEPS, aides à l’emploi indispensables au secteur du spectacle. Face aux désengagements des collectivités, sans expression publique sur la coupe catastrophique opérée par la Région Pays de la Loire auprès du tissu associatif, en particulier culturel, elle a proposé une liste des structures qui seraient dites « d’intérêt national » à sanctuariser. Et que resterait-il alors pour les autres ? Celles qui font la diversité artistique et culturelle, la création dans ses multiples formes, les relations de proximité et de participation, le travail quotidien d’éducation populaire et d’émancipation ? Seront-elles incluses dans le « fonds d’urgence » voulu par la ministre ? Majoritairement exclues du plan Mieux produire Mieux diffuser, seront-elles prises en compte et invitées à participer à la construction des contrats de territoire de la création artistique ? Ou ce nouveau contrat sera-t-il seulement une manière déguisée de sécuriser les structures les plus solides ?

    Aujourd’hui, c’est tout l’écosystème artistique et culturel qui serait mis en danger par une décision du gouvernement de baisser drastiquement les budgets de la culture. Nous savons qu’une telle baisse risquerait de renforcer encore la concentration des moyens des DRACs et des collectivités territoriales sur leurs opérateurs, déniant le rôle du tiers secteur culturel, tissu associatif et d’économie sociale et solidaire.

    Faut-il le rappeler, la majorité du champ artistique et culturel, dans le spectacle, les arts visuels, les radios, l’audiovisuel, etc. est constitué de structures non lucratives et d’utilité sociale qui souffrent d’une précarité aiguë. Ce sont des équipes artistiques, des lieux associatifs, des lieux intermédiaires, des espaces de pratiques et des écoles, des médias citoyens, des festivals, des collectifs citoyens… qui maillent les territoires locaux. Leurs modèles économiques sont tendus, l’inflation pèse sur les salaires modestes, la tension croit fortement sur leurs emplois.

    Or ces structures poursuivent inlassablement leur travail pour plus de participation de nos concitoyen·nes à la vie artistique et culturelle. Elles sont en effet convaincues que l’art et la culture sont un ferment puissant pour construire du commun, que l’art et la culture sont indispensables à la liberté des personnes, que l’art et la culture permettent la relation, le partage et la solidarité. Elles sont présentes et fortement ancrées sur l’ensemble du territoire national, et notamment dans les territoires ruraux, ceux-là même qui sont mis en avant dans le Plan Culture et Ruralité défendu par la ministre et dans lesquels elles montrent toute leur capacité d’invention, d’adaptation et de mise au travail des droits culturels des personnes.

    Nous affirmons nos engagements de mobilisation et de coconstruction de cet intérêt général si nécessaire aujourd’hui !

    Nous demandons le retrait de toute baisse des crédits du ministère de la Culture dans le projet de loi de finances 2025 et le redéploiement des crédits du Pass Culture individuel pour soutenir le tissu culturel d’intérêt général.

    Nous exigeons que le tiers secteur culturel soit partie prenante des discussions et des concertations au niveau national et territorial.

    Nous demandons à rencontrer la ministre de la Culture, comme elle nous y a invité lors du CNPS, pour faire valoir nos réalités et nos propositions.

    Nous appelons l’Etat, les élu·es, les collectivités territoriales, les actrices et acteurs de l’écosystème culturel, nos partenaires du champ social et solidaire, durement touchés également, les citoyennes et citoyens à s’engager pour une politique de la diversité et de la solidarité !

    Communiqué du 21 janvier 2025

     Les signatairesà l’initiative de l’UFISC

    A-CNAREP – Association des Centres Nationaux des Arts de la Rue et de l’Espace Public

    ACTES IF – Réseau de lieux artistiques et culturels indépendants en Ile-de-France

    ACTES PRO – Association de compagnies professionnelles de spectacle vivant des Hauts-de-France

    AJC – Réseau de la diffusion du jazz en France et en Europe

    ALIICE – Association des Lieux Intermédiaires Indépendants du Centre-Val de Loire

    ARTFACTORIES/AUTRESPARTS [AFAP] – centre de ressources arts/territoires/société

    ASTRE – Réseau des Arts visuels en Nouvelle-Aquitaine

    CAC – Collectif des Associations Citoyennes

    CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants

    CNFR – Confédération Nationale des Foyers Ruraux

    COMBO 95 – Réseau Musiques Actuelles en Val d’Oise

    FAMDT – Fédération des Acteurs et des Actrices des Musiques et Danses Traditionnelles

    FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles

    Fédération des arts de la rue en Bretagne

    FELIN – Fédération Nationale des Labels Indépendants

    FEMA – Fédération Musiques Actuelles Bourgogne-Franche-Comté

    FERAROCK – Fédération des radios associatives musiques actuelles

    FEVIS – Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés

    FNAR – Fédération Nationale des Arts de la Rue

    FNGEC – Fédération nationale des groupements d’employeurs culture

    FRAAP – Fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens

    FRACA-MA – Pôle région Centre-Val de Loire musiques actuelles

    FRANCE FESTIVALS

    FUTURS COMPOSES – Réseau national de la Création musicale

    GRABUGE – Réseau des musiques actuelles du Grand Est

    GRANDS FORMATS – Fédération de grands ensembles et de collectifs d’artistes

    HAUTE FIDÉLITÉ – Pôle des musiques actuelles en Hauts-de-France

    IASTAR – Fédération des Radios Campus de France

    KOLET – Réseau des acteurs du spectacle vivant à La Réunion

    LE PÔLE DE COOPERATION POUR LA FILIERE MUSICALE EN PAYS DE LA LOIRE

    LES LOCALOS

    OCTOPUS – Fédération des musiques actuelles en Occitanie

    OPALE – Pôle ressources Culture et Économie Sociale et Solidaire

    POPP – Collectif Pour l’Observation Participative et Partagée

    RAMDAM – Réseau national des musiques jeune public

    RIM – Réseau des Indépendants de la Musique en Nouvelle-Aquitaine

    RIF – Réseau des Musiques Actuelles en Ile-de-France

    SMA – Syndicat des Musiques Actuelles

    SEIZE MILLE – Réseau art contemporain Bourgogne-Franche-Comté

    THEMAA – Association nationale des Théâtres de Marionnettes et Arts Associés

    UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles

    ZONE FRANCHE – Réseau des musiques du monde

  • [Communiqué] Les acteurs de la musique enregistrée et du spectacle vivant réitèrent leur soutien à l’instauration d’une contribution « streaming » pour renforcer le CNM et pérenniser son financement

    [Communiqué] Les acteurs de la musique enregistrée et du spectacle vivant réitèrent leur soutien à l’instauration d’une contribution « streaming » pour renforcer le CNM et pérenniser son financement

    Alors que la filière musicale était conviée au ministère de la Culture, le 2 octobre dernier, pour acter la fin de la concertation sur le financement du Centre national de la musique, nous, organisations professionnelles et syndicales issues du secteur du spectacle vivant et de la musique enregistrée, réaffirmons avec force notre soutien à la solution préconisée par Julien Bargeton dans son rapport et qui a retenu l’attention du président de la République : une contribution du secteur du streaming.

    Créé en 2020, le Centre national de la musique (CNM) est appelé à jouer un rôle majeur auprès des acteurs du spectacle vivant et de la musique enregistrée. Or, face aux évolutions et transitions que connaît notre filière, il est désormais urgent de compléter son schéma de financement afin qu’il puisse porter une stratégie ambitieuse en faveur de la filière musicale, assurer pleinement ses missions en faveur de la diversité des expressions culturelles et de l’innovation et mettre en œuvre les chantiers indispensables au développement et au rayonnement de nos secteurs, tant en France qu’à l’international.

    Depuis 2022, de très nombreux acteurs de la musique enregistrée et du spectacle vivant soutiennent collectivement la piste d’une contribution obligatoire de la diffusion numérique (plateformes de streaming, réseaux sociaux, etc.), tant dans son activité payante que gratuite ; proposition privilégiée par le rapport de Julien Bargeton en avril dernier et par le président de la République en juin. C’est également le premier scénario présenté dans le cadre de la concertation professionnelle menée par la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, et celui soutenu par les acteurs de la filière afin d’atteindre un objectif commun : doter le CNM d’un mécanisme de financement responsable fondé sur le principe de solidarité.

    Aujourd’hui, le temps presse. Nous appelons à ce qu’une contribution de la diffusion numérique soit inscrite au projet de loi de finances pour 2024. C’est aujourd’hui la seule ressource dynamique et équitable qui permettrait d’assurer au CNM un financement pérenne et équilibré et de l’inscrire dans le modèle unique d’aide à la création, celui de l’exception culturelle française.

    Signataires :

    AJC : Antoine Bos, secrétaire général
    AGI-SON : Angélique Duchemin, directrice
    CAMULC : Daniel Stevens, délégué général
    FAMDT : Alban Cogrel, directeur 
    FÉDÉLIMA : Boris Colin, coordinateur des coopérations 
    FELIN : Céline Lepage, déléguée générale 
    Ferarock : Xavier Le Boursicaud, directeur
    FNEIJMA : Armonie Lesobre, directrice de la FNEIJMA
    Les Forces musicales : Sébastien Justine, directeur
    Fracama : Jérémie Hahn, chargé de développement 
    France Festivals : Alexandra Bobes, directrice 
    Futurs Composés : Laurence Rougier, déléguée générale
    GRABUGE : Brice Arnaudeau, coordinateur général 
    La féma : Coline Hejazi-Kenari, coordinatrice
    Le RIF : Mickaël Burlot, codirecteur
    Le RIM : Florent Teulé, directeur
    OCTOPUS : Cyril Della-Via, directeur
    PAM-Pôle des Acteurs de la filière Musicale en Région Sud & Corse : Nadine Verna, directrice
    PRODISS : Malika Séguineau, directrice générale 
    PROFEDIM : Aurélie Foucher, déléguée générale
    SACD : Chloé Rayneau
    SMA : Aurélie Hannedouche, directrice
    SNSP : Laurence Raoul, directrice déléguée
    SPPF : Jérôme Roger, directeur général
    SUPERMAB : Julien Pion, coordinateur
    SYNDEAC : Vincent Moisselin
    UPFI : Guilhem Cottet, directeur général
    ZONE FRANCHE, le réseau des Musiques du Monde : Sébastien Laussel, directeur

  • [Communiqué] Les festivals et les lieux de jazz : inquiétudes et difficultés

    [Communiqué] Les festivals et les lieux de jazz : inquiétudes et difficultés

    Depuis déjà quelques semaines, plusieurs festivals et lieux de diffusion AJC réduisent leur programmation; certains ont même décidé de fermer leurs portes jusqu’à fin 2023. Cette tendance est le résultat de tensions budgétaires ressenties par une large majorité de nos adhérents ; plus des 2/3 d’entre eux ont ainsi décrit une hausse de leurs charges artistiques, techniques et structurelles sans constater en face une hausse de leurs ressources sur les derniers mois. Voici l’un des premiers constats que nous pouvons tirer de l’étude flash réalisée auprès du réseau AJC entre le 1er et le 15 juin et portant sur les réponses de 48 structures adhérentes.

    Offrir une programmation jazz dans le cadre de projets culturels citoyens et innovants, tel est l’objectif partagé par les membres du réseau AJC. A cela vient s’ajouter, pour nombre d’entre eux, un travail d’irrigation du territoire, de production, de résidences et de créations mutualisée, d’actions culturelles, de repérage et d’accompagnement de la scène locale, … plaçant nos festivals et nos lieux au centre de l’écosystème du jazz et des musiques improvisées en France.

    Aujourd’hui, cet écosystème est fragilisé ; conséquence de la crise sanitaire traversée, de la hausse des prix et du coût de l’énergie, des baisses de dotations comme des incertitudes politiques actuelles. Nos adhérents connaissent ainsi de nombreuses difficultés financières qui viennent directement impacter la diffusion des artistes.

    Dans l’étude réalisée, 75 % d’entre eux insistent sur une hausse substantielle de leur frais de structure, 72 % de leur frais technique et ils ne sont que 24 % à constater des hausses des financements des collectivités territoriales ou de l’Etat et de ses services déconcentrés. Si les régions, départements et villes ont augmenté leur soutien entre 2019 et 2022 de plus de 6% pour les départements par exemple, tous ont baissé leurs financements entre 2022 et 2023, créant en plus un fort sentiment d’inquiétude : au 1er juin, plus de la moitié des répondants n’ont pas encore l’assurance d’un soutien de leur collectivité régionale. Cette complexité budgétaire est à mettre en parallèle de notre étude précédente sur les financements des organismes de gestion collective qui soulignait une baisse de soutien de l’ordre de plus de 50 % entre 2019 et 2022 à la SACEM ou à la SPEDIDAM ou rappelait la fin du soutien aux festivals à l’ADAMI.

    Tendances budgétaires entre 2019 et 2023

    Alors que le secteur doit discuter dans les prochaines semaines des « nouvelles sources de finan- cements internes » (allocution du Président de la République lors de la fête de la Musique), pour le Centre National de la Musique, nous appelons à :

    · Un rééquilibrage des financements en faveur du secteur de la diffusion. Alors que le soutien à la production a été renforcé ces dernières années, il importe aujourd’hui d’offrir à ces nouvelles productions et aux artistes des possibilités de diffusion en soutenant de manière plus marquée les festivals et lieux, rouages essentiels de l’écosystème musical.

    · Une vigilance accrue à destination des petites et moyennes structures de diffusion, dont le rôle est essentiel et immédiat dans la diffusion des musicien·nes et mérite une attention particulière ainsi qu’une ouverture des soutiens du CNM et des DRAC.

    · Une plus large reconnaissance par les partenaires territoriaux comme nationaux du travail des festivals, outils de diffusion certes mais aussi, dans le monde du jazz et des musiques improvisées, de production, d’irrigation des territoires, d’accompagnement, d’actions culturelles.

    · La montée en puissance d’une aide aux lieux de jazz et de musiques – par le biais de la labellisation au Ministère de la Culture ainsi que par les soutiens du CNM – dont les contraintes actuelles sont aussi fortes que leur cahier des charges est important.

    · Engager une discussion avec les organismes de gestion collective quant à leur soutien à la diffusion du jazz, dont les acteurs – festivals, lieux, etc – ont souffert de très lourdes baisses de financements ces dernières années.

  • [Communiqué] Les acteurs de la filière musicale saluent les annonces du président de la République

    [Communiqué] Les acteurs de la filière musicale saluent les annonces du président de la République

    Les acteurs de la filière musicale saluent les annonces du président de la République en faveur d’un CNM renforcé et pérennisé

    À l’occasion de la Fête de la musique, le président de la République a annoncé vouloir mieux « financer la création » musicale et « préserver la souveraineté culturelle française, au travers notamment de la préservation d’une riche diversité d’expressions et de talents ». Une ambition partagée par les acteurs de la musique enregistrée et du spectacle vivant, qui implique de nouveaux financements. Aussi, nous saluons l’annonce volontariste du président de la République de favoriser la concertation rapide de la filière et, à défaut d’une piste qui fasse l’unanimité, de mettre en œuvre une contribution de la diffusion numérique.

    Les professionnels de la filière musicale remercient vivement le président de la République Emmanuel Macron et la ministre de la Culture Rima Abdul-Malak pour leur engagement fort en faveur du financement de la création musicale. Créé en 2020, le Centre National de la Musique (CNM) est appelé à jouer un rôle majeur auprès des acteurs du spectacle vivant et de la musique enregistrée. Or, face aux évolutions et transitions que connait notre filière, il est désormais urgent de compléter son schéma de financement afin qu’il puisse pleinement mettre en œuvre ses missions en faveur de la diversité des expressions culturelles, de l’export ou encore de l’innovation.

    Dans la continuité des échanges au sein de la filière et de la publication du rapport du sénateur Julien Bargeton en avril dernier, Emmanuel Macron a appelé à trouver de « nouvelles sources de financement internes à la filière ». Nous avions collectivement soutenu la piste d’une mise à contribution de la diffusion numérique (plateformes de streaming, réseaux sociaux, etc.), tant dans son activité payante que gratuite ; proposition privilégiée par le rapport du sénateur Julien Bargeton, et qui a également retenu l’attention du président de la République.

    Fidèles à la dynamique de dialogue et de co-construction qui les animent depuis bientôt deux ans, nos organisations se rendront disponibles pour la concertation professionnelle à venir. Le temps presse désormais pour que le CNM puisse s’inscrire dans le modèle unique d’aide à la création et de soutien à la diversité, celui de l’exception culturelle française.

    Signataires :

    AJC : Antoine Bos, secrétaire général
    CAMULC : Daniel Stevens, délégué général
    FAMDT : Alban Cogrel, directeur
    FÉDÉLIMA : Boris Colin, coordinateur des coopérations
    FELIN : Céline Lepage, déléguée générale
    Ferarock : Xavier Le Boursicaud, directeur
    FEVIS : Louis Presset, délégué général
    FNEIJMA : Armonie Lesobre, directrice de la FNEIJMA
    Les Forces musicales : Sébastien Justine, directeur
    France Festivals : Alexandra Bobes, directrice
    Futurs Composés : Laurence Rougier, déléguée générale
    PRODISS : Malika Seguineau, directrice générale 
    PROFEDIM : Aurélie Foucher, déléguée générale 
    SMA : Aurélie Hannedouche, directrice
    SMC : Maximilian Scheuer, chargé de coordination et d’administration
    SNAM-CGT : Philippe Gautier, secrétaire général
    SNSP : Laurence Raoul, directrice déléguée 
    SPPF : Jérôme Roger, directeur général 
    SYNDEAC : Vincent Moisselin 
    UPFI : Guilhem Cottet, directeur général
    Zone Franche : Sébastien Laussel, directeur

  • Communiqué de presse

    Communiqué de presse

    Face à l’urgence écologique,
    17 organisations du spectacle vivant s’engagent
    à
    coopérer pour une transformation concrète du secteur.

    Nous, organisations professionnelles d’employeurs, fédérations et réseaux du spectacle vivant public et privé, toutes esthétiques et économies confondues et réunissant 3500 structures du spectacle vivant, avons plus que jamais conscience de l’urgence écologique et de la nécessaire évolution systémique qui s’impose à notre secteur pour réduire son empreinte.

    Pour la première fois et à l’initiative du réseau ARVIVA – Arts vivants, Arts durables, les acteur•rice•s du spectacle vivant public et privé ont amorcé et s’engagent à poursuivre une coopération durable pour mettre en œuvre plus efficacement la transformation écologique à la fois des métiers, des acteur•rice•s représenté•e•s et des tiers avec lesquels iels œuvrent.

    Nous avons identifié les lignes rouges dans la conception même du spectacle vivant comme les leviers d’action pour engager au plus vite la transformation écologique. La liberté de création et de programmation, la mission de service public et d’intérêt général, l’importance de la circulation des œuvres, des artistes et du public, la diversité des formats, ainsi que la diffusion et l’infusion artistiques sur les territoires sont les conditions essentielles à l’existence même du spectacle vivant ; nous devons agir pour leur maintien. Cependant, nous devons aller au-delà de nos particularismes et du travail spécifique et technique mené au sein de chaque organisation, et travaillons donc à définir une stratégie globale pour la transformation écologique du spectacle vivant, en lien avec les acteur•rice•s publics et institutionnels, et via une planification et une mise en coopération des organisations. Nous publierons une feuille de route détaillée de notre coopération d’ici 2024.

    Pour que la transformation écologique entraîne les acteur•rice•s de demain comme celles et ceux d’aujourd’hui, elle doit être intégrée à tous les dispositifs de formation, initiale et continue. Ainsi, en tant que première pierre à notre stratégie d’action collective, nous nous engageons à organiser d’ici la fin 2023 des séances de formation aux enjeux de la transformation écologique propres au secteur pour chacun de nos adhérent-e-s.

    Pour nous donner les moyens d’agir à la hauteur de l’urgence écologique, nous défendrons une juste adaptation des dispositifs de financement public et parapublic aux enjeux écologiques. Nous développerons et veillerons à relayer les outils et ressources indispensables aux dizaines de milliers de professionnel•le•s que nous rassemblons.

    Pour transformer concrètement les façons de faire au quotidien, nous agirons pour faire évoluer les métiers des personnels permanents et intermittents.

    Pour préserver l’offre culturelle, nous inciterons les acteur•rice•s publics à adapter l’offre de mobilité et nous entamerons une réflexion globale sur les enjeux de mobilité culturelle et les moyens d’apporter des solutions durables et écologiquement responsables.

    Cette coopération étroite et inédite qui se poursuivra tout au long de l’année 2023, sera facilitée par le réseau ARVIVA – Arts vivants, Arts durables. Nous invitons les organisations professionnelles d’employeurs et de salarié•e•s, fédérations et réseaux, à rejoindre cette démarche aussi inédite que nécessaire pour répondre au défi écologique. Ce premier pas doit être suivi de beaucoup d’autres. Nous poursuivrons le travail et rendrons régulièrement compte de son avancée.

    Une conférence de presse en présence des signataires de cette tribune se tiendra le 12 janvier 2023 à 11h au Café du Grand Bain, 0 allée de la Maison Rouge, ancienne gare routière – parking Baco, 44000 Nantes.

    Signataires :

    • –  AFO – Association Française des Orchestres

    • –  AJC – Association Jazzé-Croisé

    • –  CAMULC – Syndicat National des Cabarets, Music-halls et Lieux de Création

    • –  Fédélima – Fédération des Lieux de Musiques Actuelles

      • –  FNAR – Fédération Nationale des Arts de la Rue

      • –  France Festivals

    • –  Futurs Composés – Réseau National de la Création Musicale

    • –  Grands Formats

    • –  Les Forces Musicales

    • –  PRODISS – Syndicat National du Spectacle Musical et de Variété

    • –  PROFEDIM – Syndicat professionel des producteurs, festivals, ensembles, diffuseurs, indépendants de musique Régions de France

    • –  La ROF – Réunion des Opéras de France

    • –  SCÈNES – Fédération de la création artistique privée, théâtres, cabarets,

      producteurs, diffuseurs et lieux de spectacles

    • –  SMA – Syndicat des Musiques Actuelles

    • –  SNSP – Syndicat National des Scènes Publiques

    • –  SNDTP – Syndicat National du Théâtre Privé

    • –  SYNAVI – Syndicat National des Arts Vivants

    • –  ZONE FRANCHE – Réseau des Musiques du Monde

    • –  ARVIVA – Arts vivants, Arts durables

    1. Contact presse : contact@arviva.org